« J’APPELLE NICOLAS SARKOZY À SE PRÉSENTER À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2017, DANS UN AUTRE SCHÉMA, CAR FRANÇOIS FILLON NE L’EMPORTERA PAS. »

Publié le par La rédaction

« J’appelle Nicolas Sarkozy à se présenter à l’élection présidentielle de 2017, dans un autre schéma, car François Fillon ne l’emportera pas. »

 

Nicolas Sarkozy a fait le choix d’Edouard Balladur en son temps et heure. Ce fut une erreur.

Ne faites donc pas la même erreur, vous-mêmes, en pensant que Fillon l’emportera !

Ce serait vous méprendre !

Alors, demandez maintenant à Nicolas Sarkozy de se présenter en candidat libre, mais dans un autre schéma !

 

Demandez maintenant à Nicola Sarkozy, d’y aller quand même !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carole Martel El Mehdaoui – Femmes du peuple

 

 

 

 

Présidentielle 2017

Quand le syndrome Balladur menace François Fillon

Extraits

C’est l’histoire d’un candidat qui ne pouvait par perdre. D’un candidat qui devait être élu président de la République. D’un candidat déjà sacré par les sondages et les commentateurs de ces mêmes sondages, à cinq mois de l’échéance. D’un candidat qui n’avait même pas besoin de faire campagne, tant son élection était acquise d’avance. C’est l’histoire d’Edouard Balladur en décembre 1994. C’est aujourd’hui l’histoire de François Fillon en décembre 2016.

Cela étant, il est un similutude inquiétante entre la situation personnelle de François Fillon et celle d’Edouard Balladur en 1994: la majorité du peuple français ne veut pas de lui, comme elle ne voulait pas de Balladur en son temps. Ni de l’homme. Ni du projet.

Le candidat de la rente et de l’argent

En revanche, il n’est pas le candidat du travail et du mérite, suscitant un rejet franc et massif des catégories populaires et intermédiaires.

Tout se passe en effet comme si François Fillon était enfermé dans une bulle médiatique de même nature que celle d’Edouard Balladur au tournant de l’hiver 94-95.

De l’autre, les Français confrontés à l’incarnation Fillon, sa présidentialité et son projet, qui ne séduit que 28% d’entre eux.

Il est possible, si ce n’est probable, que la candidature Fillon se vautre dans un processus mortifère de balladurisation électorale.

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Le 19.12.2016

Un sondage du Journal du Dimanche relatif à la candidature Fillon dévoile les faiblesses du candidat LR, qui présentent d’étranges similitudes avec la candidature Balladur 1995.

Peut-on gagner, et comment, quand une majorité d’électeurs rejettent un candidat et son programme ?

François Fillon est dans la même situation qu’Edouard Balladur en décembre 2014.

 

C’est l’histoire d’un candidat qui ne pouvait par perdre. D’un candidat qui devait être élu président de la République. D’un candidat déjà sacré par les sondages et les commentateurs de ces mêmes sondages, à cinq mois de l’échéance. D’un candidat qui n’avait même pas besoin de faire campagne, tant son élection était acquise d’avance. C’est l’histoire d’Edouard Balladur en décembre 1994. C’est aujourd’hui l’histoire de François Fillon en décembre 2016.

Prudence. Il n’est pas dit ici que l’histoire de François Fillon finira comme celle d’Edouard Balladur il y a vingt ans. Les rapports de force entre les blocs, les oppositions en présence, les personnalités appelées à se confronter ne sont pas celles de 1995. Cela étant, il est un similutude inquiétante entre la situation personnelle de François Fillon et celle d’Edouard Balladur en 1994: la majorité du peuple français ne veut pas de lui, comme elle ne voulait pas de Balladur en son temps. Ni de l’homme. Ni du projet.

Le sondage publié ce dimanche par le JDD révèle une certaine forme de faiblesse balladurienne de François Fillon. Les Français paraissent en majorité résigner à le voir triompher, comme les Français de 1994, mais au fond, ils ne veulent pas de lui. 55% des Français pronostiquent sa victoire, mais ils le sont que 28% à la souhaiter. 28%. Soit le score que lui accordent les précédentes enquêtes d’intention de vote. Tout se tient. La droite qui vote « Les Républicains » est mobilisée, mais elle ne rassemble pas. Le candidat Fillon, candidat le plus à droite de l’histoire depuis août 1944 demeure le candidat hégémonique d’une droite conservatrice mais minoritaire dans le pays.

Le candidat de la rente et de l’argent

Pire encore pour François Fillon, tous les aspects de sa perception personnelle par l’opinion, qui contribuaient à la construction de sa statue présidentielle médiatique, donc politique, se dégradent très rapidement. Ils étaient 69% de Français à le juger inflexible face à la rue en novembre, ils ne sont plus que 57% en décembre. Ils étaient 61% à lui trouver une stature de président en novembre, ils ne sont plus que 54% en décembre. Ils étaient 56% à l’estimer capable de réformer le pays en novembre, ils ne sont plus que 47% en décembre. Ils étaient 55% à considérer qu’il tient les engagements qu’il prend en novembre, ils ne sont plus que 46% en décembre. Ils étaient 37% à dire qu’il comprenait leurs problèmes en novembre, ils ne sont plus que 28% en décembre.

L’examen des soutiens par catégories sociales est également plus qu’instructif. François Fillon est le candidat de la rente et de l’argent, qui recueille le soutien d’un électeur sur deux chez les 65 ans et plus, mais aussi celui de 42% des retraités, 42% des cadres et 38% des indépendants et des employeurs. En revanche, il n’est pas le candidat du travail et du mérite, suscitant un rejet franc et massif des catégories populaires et intermédiaires (82% des ouvriers, 73% des employés, 74% des actifs). Peuple de droite contre peuple de gauche, le retour.

En 1994, Edouard Balladur était dans la même situation. Soutenue par les mêmes forces sociales conservatrices, présumé vainqueur incontournable de l’élection présidentielle à venir, et porté par une vague de commentaires médiatiques de haute intensité, le présentant comme déjà élu sans avoir besoin de faire campagne. Nul n’a oublié le titre culte du journal Le Mondeau plus fort de la Balladuromania de l’hiver 1994-95, « Pour l’opinion, l’élection présidentielle est déjà jouée », Une implacable assortie d’une analyse de Jérôme Jaffré (qui en rit aujourd’hui en affectant une autodérision qui l’honore) assurant que décidément, les Français s’étaient résignés à Balladur, faute de mieux.

Deux invariants indépassables

C’était une époque où les observateurs des choses de la vie politique assuraient que l’élection présidentielle à venir était structurée par deux invariants indépassables: la gauche ne peut pas gagner et Jacques Chirac est inéligible, parce qu’il est Jacques Chirac. Aujourd’hui, les mêmes, ou leurs descendants, après avoir proclamé que le vainqueur de la Primaire LR serait sans aucun doute le prochain président, continuent d’affirmer les deux mêmes invariants: la gauche ne peut pas gagner et Marine Le Pen est inéligible, parce qu’elle est Marine Le Pen. Par conséquent, ces invariants étant posés en axiomes, en toute bonne logique, François Fillon sera le prochain président de la République. Comme à la fin de l’année 1994.

Tout se passe en effet comme si François Fillon était enfermé dans une bulle médiatique de même nature que celle d’Edouard Balladur au tournant de l’hiver 94-95. D’un côté, la machine médiatique, qui répète, entre sondages et commentateurs de sondages, que sa victoire est inéluctable, inévitable et irréfragable, d’où ces 55% de Français qui pronostiquent aujourd’hui l’élection du candidat Fillon. De l’autre, les Français confrontés à l’incarnation Fillon, sa présidentialité et son projet, qui ne séduit que 28% d’entre eux. Jacques Pilhan pourrait dire de la candidature Fillon ce qu’il disait de la candidature Balladur: « Derrière cet univers virtuel de la télé et l’opinion réflexe que mesuraient les sondages se cachait un jugement critique sur les capacités de M. Balladur à être le président que les Français souhaitaient élire ». En l’état, et sans préjuger de l’avenir, l’histoire commence par se répéter.

Certains s’offusquent lorsque l’on se hasarde à juger le programme de Fillon, vu de gauche ou du centre gauche, comme le plus à droite jamais osé dans une élection française depuis 1944. Mais il en est d’autres, authentiquement gaullistes, persistant à défendre le retour d’une droite populaire dont le dernier représentant fut Philippe Séguin, qui portent un regard sans concession sur le projet Fillon. C’est le cas de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines Henri Guaino, qui dénonce le programme Fillon comme «une purge comme jamais proposée depuis la Seconde Guerre mondiale» et augure qu’il est «peut-être le pire programme de casse sociale qui a été imaginé depuis 1944». 1944, chute du régime Pétain. Encore 1944, comme point de référence. Tiens donc.

Répétons-le. La clé de cette élection présidentielle qui vient est détenue par les électeurs de gauche, progressistes et du centre. Si ces électeurs se montrent stratèges, se découvrent un candidat leur racontant l’histoire qu’ils ont envie d’entendre et que ne leur raconte pas Fillon, sachant en outre qu’aucun candidat PS n’est en situation aujourd’hui, il est possible, si ce n’est probable, que la candidature Fillon se vautre dans un processus mortifère de balladurisation électorale. De quoi donner raison à Marguerite Duras, toujours contestée pour avoir dit un jour: « La droite, c’est la mort ».

Carole Martel El Mehdaoui - femmesdupeuple.fr

http://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/francois-fillon-face-au-processus-mortifere-de-balladurisation-electorale_443657

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