Nicolas Sarkozy sur Bayrou :« Je ne gouverne pas avec des girouettes, mais avec des hommes de conviction »

Publié le par La rédaction

Invité spécial de Territoires d’Infos sur Public Sénat et Sud Radio, Nicolas Sarkozy est revenu sur son opposition à François Bayrou, soutien d’Alain Juppé. Il se dit convaincu que le président du Modem a obtenu d’Alain Juppé la promesse d’un groupe parlementaire en cas de victoire du maire de Bordeaux à la présidentielle de 2017.

« Croyez-vous que François Bayrou est venu soutenir Alain Juppé sans qu’on lui promette rien ? En politique en général, on s’engage après avoir négocié les termes d’un contrat ferme ».

« Avec qui gouverne-t-on ? C’est un problème de transparence ! Les Français doivent le savoir. Moi je veux gouverner avec les centristes. Je ne gouverne pas avec des girouettes, mais avec des hommes de conviction » a-t-il déclaré.

Pour Nicolas Sarkozy, le soutien de François Bayrou à Alain Juppé empêchera de créer une véritable alternance au quinquennat de François Hollande.

« Alain Juppé a décidé, à la suite de son expérience de 1995, que la France ne devrait pas être trop bousculée. Si c’est Juppé, l’alternance sera moins forte, moins précise et moins claire que si c’est avec moi. Mais ce n’est pas une insulte, simplement la description d’une réalité ».

Soulignant les forts désaccords politiques qu’il connaît avec le président du Modem, il accuse ce dernier de s’être opposé à la droite tout au long de sa carrière. En 2012, François Bayrou avait notamment appelé à voter François Hollande contre Nicolas Sarkozy.

« Je ne gouvernerai pas avec Bayrou. (…) Il n’a fait que se présenter contre les candidats de la droite. S’il se présente, c’est une très bonne chose. Il n’y a pas un électeur de droite qui est séduit par Bayrou. Il servira alors à retirer des électeurs déçus à François Hollande. Il sera alors à Hollande ce que Madame Taubira fut à Lionel Jospin en 2002 ».

« Je suis candidat de la lucidité »

Interrogé sur la montée du populisme dans tous les pays d’Europe, et s’en prend à « une pensée unique développée médiatiquement » qui serait en opposition avec celle des Français.

« Quand je parle de l’islam, on dit que je suis islamophobe et c’est un scandale. Quand je parle de l’immigration, on va dire que je suis raciste. Quand je dis qu’on doit défendre nos intérêts, on dit que je suis nationaliste, voire populiste. C’est cela que refuse les gens » a-t-il déclaré.

« Moi je suis le candidat de la lucidité. Je veux poser un diagnostic lucide sur notre pays pour éviter que les causes ici produisent les mêmes effets ailleurs ».

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Publié dans Interwiew

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