Nicolas Sarkozy: « Je ne pense pas qu'on connaît l'identité heureuse »

Publié le par La rédaction

Les sarkozystes ont la mine des très bons jours. À une semaine et demie du premier tour de la primaire, Nicolas Sarkozy et ses soutiens se sont sentis confortés par l'élection de Donald Trump. Pour eux, elle légitime sa volonté de s'ériger «en porte-parole de la majorité silencieuse».

«Ça va jeter un énorme doute sur les sondages», confie ainsi Éric Ciotti, porte-parole du candidat. «Ils veulent décréter la victoire à votre place, mais le meilleur sondage, c'est vous», reprend Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en meeting à Meyzieu, aux côtés du candidat.

«C'est décidément une belle journée», lance aussi Philippe Meunier, à la tribune, en rendant hommage aux «Américains déterminés face à tous les donneurs de leçons qui nous disent quoi penser et surtout pour qui voter». Bref, il n'y aurait plus ni favori ni outsider dans la primaire, et l'élection américaine permettrait de donner force à ce que les sarkozystes affirment depuis des semaines. Ragaillardi, le député LR du Rhône, qui utilise le jeu des sept familles pour évoquer la primaire, en vient même à comparer Alain Juppé - sans le citer -à un «grand-père».

Nicolas Sarkozy, ce mercredi, et revient sur l'élection du président américain, qui n'a pour lui rien d'une surprise. «Je me disais, c'est curieux, (les observateurs) ne comprennent rien! Les mêmes qui expliquaient la veille au soir que le Brexit ne passerait pas avaient la gueule de bois quand le Brexit est passé.» Le candidat dit ne pas avoir à porter de jugement sur le nouveau président des États-Unis, choisi après le processus d'une primaire et élu démocratiquement. «Ce n'est pas à nous de choisir, ce n'est pas aux observateurs de choisir», insiste Nicolas Sarkozy sous les applaudissements du millier de sympathisants réunis dans la salle. «Par définition, le choix des Américains est le bon choix, car c'est le choix démocratiquement élu.» «Bravo!» entend-on dans le public.

Pour Nicolas Sarkozy, «au lieu d'insulter les peuples, de les traiter de ce mot épouvantable de populiste, on doit essayer de comprendre, d'entendre», tranche-t-il. Pour lui, «ce qui s'est passé chez les autres peut se passer chez nous». L'ancien président est convaincu que «les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets», pointant «la gangrène» que représente «la pensée unique».

«Inhumain»

Une critique des élites qui l'amène à parler d'Alain Juppé. «Vous et moi on parle le même langage. Je ne pense pas qu'on connaît l'identité heureuse», lance-t-il en pointant le fil rouge de campagne de son rival. La salle comprend l'allusion, de nombreux rires se font entendre. «Quelle identité heureuse y a-t-il pour 6 millions de chômeurs? Quelle identité heureuse existe-t-il pour les familles de France, pour les classes moyennes qui ont la certitude qu'elles vivront demain moins bien que vous?»

Le candidat prolonge sa démonstration avec une longue anaphore sur l'identité heureuse, puis enchaîne sur les «accommodements raisonnables» que souhaiterait Alain Juppé. Nicolas Sarkozy cite ensuite clairement le nom du maire de Bordeaux: «Alain Juppé a dit que j'étais inhumain en proposant la suppression du regroupement familial?» «Cher Alain, je n'accepterai aucune leçon de générosité en la matière.» Après avoir détaillé son programme, Nicolas Sarkozy en appelle à la mobilisation de ses soutiens. «Tout est dans vos mains», conclut-il sous les applaudissements nourris.

lefigaro.fr

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