Deux élus LR quittent leur parti: « Je suis Sarkozyste avant d’être Républicaine »

Publié le par La rédaction

Ils avaient prévenu, ils l’ont fait. Sandrine Deblock et Domenico Puleo ont envoyé ce dimanche soir leur démission du parti Les Républicains. Si la défaite de Nicolas Sarkozy est le facteur déclencheur, ils précisent que leur décision est aussi le fruit d’une succession de déceptions.

Vous avez annoncé dimanche, avant le résultat du premier tour de la primaire, que vous quitteriez Les Républicains en cas de défaite de Nicolas Sarkozy. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Sandrine Deblock : « Je suis Sarkozyste avant d’être Républicaine, je l’ai toujours dit. Nicolas Sarkozy m’a donné envie de le suivre en 2007, pour ses idées, son dynamisme. J’ai donné beaucoup sans retour pendant 10 ans pour soutenir quelqu’un en qui je croyais. Je n’aurais pas la même énergie pour un autre. Je constate que les Wattrelosiens qui sont venus voter m’ont suivie, je suis au moins contente de ça. »

Domenico Puleo : « On nous prend pour des petites mains tout juste bonnes à faire du porte-à-porte, ça suffit. »

Que reprochez-vous précisément au parti ?

Domenico Puleo : « Ça a commencé il y a deux ans et demi par l’élection du délégué de circonscription. On a été prévenu quand c’était fait. Du coup, on est exclu de toutes les réunions départementales et on vient nous chercher au dernier moment pour tracter. Ensuite, il y a eu les cantonales, les régionales et là, l’organisation de la primaire. Personne ne nous a appelés et après, les Roubaisiens se plaignent de devoir venir ici. Ça fait trop de plaies ouvertes. »

Sandrine Deblock : « Je crois qu’on n’est pas assez dans le moule… Aux cantonales, on réserve le canton à l’UDI. Aux régionales, Gérald Darmanin m’a proposé l’avant-dernière place de la liste la veille du dépôt à 22 h 30. Et là, on me propose les prochaines législatives face à Dominique Baert, sans aucune aide financière pour la campagne ? De qui se moque-t-on ? »

Vous démissionnez des Républicains, mais qu’en est-il du conseil municipal ?

Sandrine Deblock : « On reste bien sûr. On ne va pas trahir les électeurs qui ont voté pour nous. De toute façon, on a toujours dit que notre combat était celui de Wattrelos. On continue mais avec une parole plus libre. Quel avantage avons-nous eu d’être carté ? Aucun ! »

Domenico Puleo : « Nous, on voulait juste qu’à Wattrelos, il y ait un autre choix que la gauche ou l’extrême droite. On a tout donné pour cela. Mais les Républicains, Wattrelos, ils s’en foutent ! Et on n’a pas besoin d’être carté pour faire barrage au Front national ici. »

Que ferez-vous en 2020 ?

Sandrine Deblock : «  C’est trop loin ! Nous, on veut s’impliquer pour notre ville, point. L’idéal politique serait une liste avec juste des bonnes volontés et des compétences de tous bords, mais ça, c’est impossible. Pour l’instant, il nous faut tourner la page des Républicains… C’est difficile car on a beaucoup donné, parfois au détriment de nos enfants qui nous ont pourtant soutenus. Je ne cache pas que je suis amère. »

 

 Marjorie Duponchel

nordeclair.fr​​​​​​​

Publié dans LesRépublicains

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