Nicolas Sarkozy était à Marseille

Publié le par La rédaction

En visite dans la cité phocéenne, l'ancien président de la République a ciblé une nouvelle fois son principal adversaire Alain Juppé qu'il accuse de «donner des gages à la gauche», synonyme pour lui d'une «politique ambigüe» à venir.

Nicolas Sarkozy n'a pas croisé Alain Juppé à Marseille. «Quel dommage», s'amuse l'ancien président alors qu'il arrive à la rencontre de joueurs de pétanque marseillais. Rencontrant ensuite des représentants de la police pour leur détailler les mesures qu'il prendrait s'il était réélu et répondre à leur désarroi, Nicolas Sarkozy a rappelé «sa fierté» d'avoir été «premier flic de France». «Moi j'aime la police, je l'ai toujours aimée et si vous y voyez un message, vous avez raison», a-t-il ajouté dans une allusion au maire de Bordeaux. Selon des propos rapportés dans un livre Un fantasme nommé Juppé, mais fermement démentis par l'entourage d'Alain Juppé, ce dernier aurait déclaré il y a plusieurs années: «je n'aime pas les flics».

En meeting, devant Nicolas Sarkozy, Renaud Muselier est le premier à en parler. Alain Juppé «a dit qu'il venait te chatouiller. Chatouiller ça veut dire faire rire. Mais il nous a critiqués les Marseillais» «On ne nous critique pas nous les Marseillais. On nous aime ou on s'en va», a conclu Renaud Muselier, vivement applaudi. «La question n'est pas de savoir qui chatouille qui mais qui est capable de représenter la France, qui est capable de relever les défis qu'il va nous falloir affronter», a rebondi Nicolas Sarkozy à la tribune.

«Quand on veut se faire élire avec les voix de la gauche, on se prépare à mettre en œuvre une politique ambigüe»

«C'est une élection entre amis, certes», a répondu le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin déclenchant les rires de la salle. «Et nous sommes tous amis avec tout le monde mais nous sommes quand même un peu plus amis avec toi. Le Président c'est toi». Accompagné de son épouse et accueilli sous les «Sarkozy président» Nicolas Sarkozy a prononcé dans cette salle «le serment de Marseille». «Je ne laisserai personne vous voler à la victoire. Si vous voulez une politique de gauche, ne votez pas pour moi car je ne ferai pas une politique de gauche!», a-t-il insisté sous les acclamations de la salle. «Quand on veut se faire élire avec les voix de la gauche, c'est qu'on se prépare à donner des gages à la gauche, et à mettre en œuvre une politique ambigüe».

Manifestement le «serment de Marseille» n'a pas prévu d'épargner le maire de Pau dont Nicolas Sarkozy critique longuement le positionnement politique et sa prise en «otage» pour obtenir un groupe parlementaire. «Jusqu'où la compromission avec François Bayrou nous conduira-t-elle? Faudra-t-il introduire la proportionnelle? Faudra-t-il régulariser tous les sans-papiers comme il le demande? Faudra-t-il créer une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 50%?» Se refusant, dit-il, à tout «accord» avec le président du Modem s'il était réélu, Nicolas Sarkozy affirme qu'il ne s'agit pas «d'un débat de personnes, c'est un débat de ligne politique».

Face à une salle particulièrement réactive, Nicolas Sarkozy martèle son axe de campagne: «Que ceux qui soutiennent un autre candidat que moi - et ils ont le droit - assument que demain la majorité soit l'otage de François Bayrou comme François Hollande est l'otage des écologistes et de l'extrême-gauche». Une manière à nouveau de peindre, en petites touches impressionnistes, un parallèle entre François Hollande et Alain Juppé. Pour Nicolas Sarkozy, il en est convaincu, tout va se jouer là-dessus: «voulez-vous une alternance molle ou une alternance véritable?»

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