Nicolas Sarkozy: « Je renouerai le fil brisé d’une grande politique du patrimoine »

Publié le par La rédaction

Nicolas Sarkozy: « Je renouerai le fil brisé d’une grande politique du patrimoine »

A l’occasion des Journées du Patrimoine, les Français sont plus de 12 millions à parcourir nos monuments, nos sites, nos paysages.

Le patrimoine, c’est tout ce que nous souhaitons transmettre aux générations futures : nos monuments prestigieux, les collections de nos musées et de nos bibliothèques, mais aussi les plus modestes églises de nos villages, la beauté de nos campagnes façonnées par le travail des hommes, le savoir-faire de nos métiers d’art, ou encore un art de vivre que je crois unique au monde.

Le patrimoine n’est donc pas seulement un témoignage d’excellence artistique. Il fournit à nos concitoyens un ensemble de repères historiques, intellectuels et moraux, un monde de références partagées, sans lesquelles ni le débat public, ni la démocratie, ni même tout simplement la vie en société, ne sont possibles.
L’amour du patrimoine, dont témoigne le succès de ces Journées, manifeste l’attachement des Français à leur mémoire collective et à leur mode de vie.

Les destructions perpétrées à Palmyre au cours de l’année écoulée sont là pour nous rappeler que cet « héritage de la noblesse du monde » (André Malraux) constitue pour tous les barbares un insupportable obstacle à leur projet nihiliste.

La protection et la mise en valeur de notre patrimoine sont donc au cœur des missions régaliennes de l’Etat. La République naissante a adressé en l’An II cette instruction à tous les administrateurs, au sujet des édifices et des œuvres d'art : « Vous n'êtes que les dépositaires d'un bien dont la grande famille a le droit de vous demander compte ». Je n’ai cessé d’y veiller pendant tout mon mandat.

Ainsi, le patrimoine a constitué de 2007 à 2012 une priorité budgétaire : les crédits ont été portés de 735 à 838 millions d’euros par an, dont près de 400 millions dédiés à la restauration des monuments historiques – chiffre qui n’avait jamais été atteint auparavant. J’ai instauré la gratuité dans les musées pour tous les jeunes de moins de 25 ans. J’ai décidé ou financé la création de grands équipements qui font aujourd’hui la fierté des régions où ils sont implantés, comme le Mucem à Marseille, le Louvre-Lens, les Archives nationales à Pierrefitte ou entre le Centre Pompidou à Metz.

La politique du patrimoine, c'est aussi choisir les meilleurs architectes pour les projets de l’Etat : Rudy Ricciotti pour le Mucem, Jean Nouvel pour la Philharmonie de Paris, Renzo Piano pour le palais de justice de Paris. C’est enfin encourager les mécènes, du plus prestigieux au plus modeste, à enrichir la Nation par leur engagement et leur passion : j’ai institué à cet effet les fonds de dotation.

Le quinquennat de François Hollande aura été celui de la baisse des ressources allouées au patrimoine, de la stigmatisation des mécènes par une ministre de la Culture, de l’adoption de la loi du 7 juillet 2016 qui affaiblit la protection des sites.

Je m’engage aujourd’hui à ce que l’entretien et la valorisation des monuments historiques redeviennent une priorité budgétaire. J’affecterai chaque année 5% du produit des cessions d’actifs immobiliers de l’Etat à la restauration du patrimoine. La Fondation du patrimoine sera vigoureusement soutenue et dotée de ressources supplémentaires. La fiscalité des travaux sur les monuments historiques et dans les secteurs sauvegardés sera sanctuarisée. La législation sur le mécénat sera adaptée afin de valoriser les mécènes de proximité, qu’il s’agisse des PME ou des particuliers.

La Culture est au cœur de l’ambition que je nourris pour la France et je renouerai le fil brisé d’une grande politique du patrimoine.

Nicolas Sarkozy

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