Discours de Nicolas Sarkozy à Provins

Publié le par La rédaction

Discours de Nicolas Sarkozy à Provins

« Je n’accepterai jamais qu’on demande aux citoyens de choisir entre l’Etat de droit et la sécurité »

Discours de Provins, 12 septembre 2016.

(Seul le prononcé fait foi)

Mon Cher Christian, Mes chers amis,

Depuis quelques années, notre pays vit dans un état d’insécurité permanent, totalement inédit depuis les débuts de la Ve République et le retour au pouvoir du général de Gaulle, en pleine guerre d’Algérie.

Souvenez-vous pourtant de ce qui se disait au lendemain de la chute du mur de Berlin et de l’effondrement du bloc soviétique :

« Nous entrons dans une nouvelle ère de paix perpétuelle » ! « Désormais, la démocratie libérale et les droits de l’homme vont s’étendre partout sur la planète. Il n’y aura plus de guerre. C’est la Fin de l’Histoire... parce que les peuples heureux n’ont pas d’histoire » !

Quinze ans après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, ces prévisions sur l’histoire se sont révélées dramatiquement fausses.

Les prophètes du bonheur se sont trompés.

La démocratie est bafouée un peu partout dans le monde.

Le nazisme et le communisme dans leur version la plus sanguinaire ont disparu, mais on continue à torturer, mutiler, tuer des hommes, des femmes et des enfants au nom d’idéologies totalitaires et barbares, qui méprisent la dignité de la personne humaine.

La concorde, l’harmonie des peuples et des cultures n’est pas quelque chose qui est donnée. La paix se mérite, bien souvent dans le sang et les larmes, comme le disait Churchill.

Un homme d’Etat n’a pas le droit d’être naïf.

La naïveté et l’angélisme sont peut-être des défauts excusables quand on n’exerce pas de responsabilités. Mais quand on vous confie un pays, un peuple, ce sont des fautes impardonnables. Ne pas voir la réalité, refuser de considérer les choses telles qu’elles sont, constitue une lâcheté pour un homme d’Etat. C’est une facilité à laquelle on n’a pas le droit de céder. Notre devoir est de regarder la réalité en face pour être capable de protéger celles et ceux qui vous ont fait confiance.

La France se trouve confrontée à une grave menace.

Et cette menace est bien réelle. Elle n’est le fruit d’aucun alarmisme, d’aucune manipulation ou tactique électorale, d’aucune imagination. Cette menace a un nom : le terrorisme islamiste.

Sa particularité est qu’il touche presque tous les continents.

Le terrorisme islamiste s’en prend à tout le monde : hommes, femmes, enfants, vieillards.

Personne ne trouve grâce à ses yeux. Le terrorisme islamiste n’a aucune pitié. Aucun respect. Aucune humanité.

Qui sont donc ces criminels qui ont décidé de faire du monde leur champ de bataille ? Qui sont donc ces fous qui ont décidé de mettre le monde à feu et à sang ?

Ce sont des fanatiques qui agissent au nom d’une idéologie totalitaire, dans la droite ligne des pires idéologies du XXe siècle. Celles qui dénient à l’Autre tout droit de penser, de croire et de vivre différemment.

Pour ces islamistes, l’Autre c’est l’Ennemi absolu. L’Ennemi radical qu’il faut abattre, exterminer pour la seule raison qu’il est Autre.

Et cet Autre, c’est Vous, c’est Nous, c’est la France, c’est l’Europe, c’est l’Occident, c’est tout ce qui n’est pas Eux. Car les islamistes sont en guerre contre le monde entier !

J’entends les murmures du tribunal de la pensée autorisée.

Attention à « l’amalgame ». Il ne faut pas dire « islamiste », parce que dans ce mot, il y a... « islam » ! Ce serait « stigmatisant ».

J’affirme que l’on doit pouvoir parler du terrorisme islamiste sans être taxé d’islamophobie !

La droite républicaine n’a aucune leçon de tolérance à recevoir de ces responsables socialistes qui se sont fourvoyés dans la promotion d’une société multiculturelle depuis 30 ans et qui ont en 2012 mené une campagne qui a consisté à flatter tous les communautarismes.

La République ne peut pas accepter d’islamisme radical et d’islamistes sur le sol de France, tout simplement parce qu’ils sont porteurs de valeurs incompatibles avec les nôtres.

Nous accueillons les femmes et les hommes de toute confession, qui vivent et pratiquent leur foi dans un esprit de respect et de tolérance pour ceux qui ne partagent pas leur croyance.

Mais nous ne voulons pas de gens qui se considèrent purs et nous considèrent impurs. Nous ne voulons pas de gens qui nous méprisent parce que nous ne partageons pas leur foi.

Nous ne voulons pas de gens qui nous jugent décadents parce que nous pensons que la démocratie est le meilleur régime politique ; que les hommes et les femmes ont un droit à la liberté et au respect.

Ces gens-là n’ont rien à faire chez nous !

On se demande d’ailleurs bien pourquoi ils souhaitent venir en France, puisque nous sommes si détestables !

L’islamisme est dangereux parce qu’il est un mal contagieux.

Cela commence par quelques illuminés qui prêchent dans des caves ou des parkings de cités. Isolés d’abord, ils fédèrent petit à petit des noyaux de fidèles, de fanatiques.

Quelques années suffisent pour qu’ils prennent le contrôle de mosquées, d’associations culturelles, de rues, d’écoles, de sites Internet. On passe d’une situation, au début marginale, à un véritable phénomène de société.

Il faut vivre dans une tour d’ivoire, pour ne pas se rendre compte que dans nombre de villes de France, les femmes de certains quartiers sont de plus en plus voilées.

Pas un jour ne passe, dans notre pays, sans que les médias ne révèlent une affaire d’agression à l’encontre de jeunes femmes parce qu’elles portent des jupes courtes ou des shorts. Je refuse cette tyrannie des minorités ! Nous ne pouvons pas l’accepter, parce que c’est inacceptable !

Nous ne voulons pas d’une République qui recule face au fanatisme et à l’obscurantisme ! Nous voulons une République qui fasse plier le fanatisme, pas une République qui plie devant les revendications communautaires !

Nos grands-parents ont combattu la peste brune, qui s’est abattue sur la France et l’Europe dans les années 30 et durant la seconde guerre mondiale. Nous avons, aujourd’hui, une peste noire, à l’image du drapeau de Daech qui flotte encore en ce moment en Irak, en Syrie et en Lybie.

Chaque homme qui refuse de serrer la main à une femme, chaque homme qui impose à son épouse, à sa sœur ou à sa fille de porter un voile intégral à la ville ou un Burkini sur les plages ; chaque homme qui prêche violemment contre les juifs, contre les chrétiens ou contre les mauvais musulmans, qui incite directement ou indirectement à la haine et à la ségrégation sexuelle est un complice du terrorisme islamiste et de son idéologie.

La seule question qui mérite d’être posée est : allons-nous nous laisser faire ?

Dans mon esprit, la seule guerre possible contre le terrorisme islamiste ne peut être qu’une guerre implacable. Cette guerre ne doit pas se limiter à des actions militaires ou policières, même si ces dernières sont indispensables.

La guerre que nous devons mener doit être implacable, parce qu’elle doit être menée sur tous les fronts : le front idéologique, le front diplomatique, le front culturel, social, éducatif…

Tout le monde doit s’y employer avec la même énergie, avec la même détermination : l’enseignant, le prêtre, comme l’imam, surtout l’imam, l’assistante sociale, le maire.

Chacun d’entre nous doit se demander ce qu’il peut faire pour protéger ses semblables, notamment les plus jeunes, de la tentation islamiste radicale.

Mais pour cela, encore faut-il savoir au nom de quoi nous nous battons. Si nous ne nous aimons pas, si nous ne croyons pas en nous, si nous ne sommes pas convaincus que notre mode de vie, nos traditions, notre culture, nos racines judéoOchrétiennes valent la peine d’être défendues, alors le combat est perdu d’avance.

Je crois en la France ! Je crois à sa place dans l’Histoire et dans le monde !

Je suis fier d’être Français ! Même si je me sens européen, je me vis d’abord et avant tout comme citoyen français.

J’aime la France, parce que je frissonne en entendant le récit des héros qui ont fait de notre pays ce qu’il est devenu !

J’aime la France, parce que j’aime – comme le disait Péguy O « la République, une et indivisible, notre royaume de France ».

J’aime cette fusion mystique de la France d’avant et de celle d’après la Révolution. De cette France à l’héritage catholique, longtemps fille aînée de l’Eglise, et de cette France laïque, tolérante et ouverte à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté, pour peu qu’ils respectent le pays qui les accueille.

Mes valeurs sont inscrites dans la longue tradition occidentale, gravées dans le marbre des temples grecs et des églises romaines, dans les livres des philosophes, les Lumières des encyclopédistes, et dans les articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Je crois en la dignité de la personne humaine. En la protection de sa liberté. En l’égalité entre l’homme et la femme. En la nécessité de l’esprit critique. A la vertu du progrès technique. A la primauté de la loi faite par les hommes, dans le respect de la volonté générale. Je crois en la démocratie.

Nous ne sommes pas des citoyens du monde, sans attaches ni patrie. Nous sommes Français et désirons, de tout notre être, de toute notre âme, le rester. Et nous voulons que nos enfants et les enfants de nos enfants le demeurent après nous.

Nous voulons transmettre ces valeurs et ces traditions telles que nous les avons reçues en héritage de nos parents.

Le peuple de France a le droit à la continuité historique, et nous voulons préserver cette chaîne de transmission entre les générations comme le bien le plus précieux.

Nous n’avons pas le droit de perdre, pas le droit de baisser notre garde, pas le droit de reculer.

Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec cette idée qui voudrait que tout se vaut. Que tout mérite d’être respecté avec la même considération.

Au nom de la « tolérance », on en est venus à ne plus savoir qui nous sommes et ce que nous voulons être. Il règne une évidente confusion morale.

A force de tout relativiser, de tout mettre au même niveau, on en est venu à tout accepter. Ces accommodements dits raisonnables, nous n’en voulons plus.

Certains se demandent même qui nous sommes pour oser porter un jugement sur les autres, sur leur façon de penser, de se vêtir et de vivre.

Nous sommes les enfants de la Révolution et des Lumières !

Nous appartenons au peuple qui a apporté au monde la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et nous n’avons aucune leçon de démocratie à recevoir de qui que ce soit !

Je dis que la civilisation des droits de l’homme est supérieure à un projet qui les bafoue.

Je dis que la civilisation des droits de l’homme qui protège et promeut la dignité de la personne humaine, quelque que soit ses convictions, sa race ou son sexe, est supérieure à un projet qui discrimine, stigmatise et humilie.

Je dis que cette civilisation mérite d’être protégée, que ses valeurs et ses principes doivent être défendus au grand jour, sans user d’artifices juridiques. Le burkini doit donc être interdit partout en France, bien sûr, parce qu’il est aujourd’hui un facteur évident de troubles à l’ordre public, parce qu’il heurte l’idée que je me fais, en tant que Français, en tant que Républicain, de la dignité de la femme et des droits égaux à ceux de l’homme que la loi doit lui garantir.

Je ne veux pas de burkini ni de prêches haineux en France, parce que dans notre pays, on ne cache pas les femmes du regard des hommes dans les lieux publics, parce qu’on ne discrimine pas quelqu’un en fonction de son sexe, de sa race ou de ses convictions religieuses.

Dans notre pays, il n’y a pas de communautés ni de minorités ethniques ! Dans notre pays, il n’y a qu’une communauté, c’est la communauté nationale ! Dans notre pays, il n’y a qu’une identité, c’est l’identité française !

La guerre contre le terrorisme, nous n’avons pas d’autres choix que de la gagner !

Une défaite n’est pas envisageable. Perdre face aux islamistes n’est pas une option. Perdre, signerait l’arrêt de mort de notre civilisation, l’arrêt de mort de tout ce en quoi nous croyons, de tout ce pour quoi nos ancêtres se sont battus et sont tombés sur les champs de bataille, ont souffert l’insupportable dans l’enfer des tranchées et des camps de concentration.

La guerre contre le terrorisme n’est pas une idée de droite ou de gauche. La guerre s’impose à nous. Et notre responsabilité historique, celle de notre génération, est de la faire, pour ne pas léguer à nos enfants un monde de peur, un monde de terreur.

Je ne serai pas le Président qui fera reposer sur la génération suivante l’effort de la guerre contre le terrorisme !

Je ne serai pas le Président du renoncement !

J’aimerais que toute la classe politique, que tous les responsables politiques de France, d’Europe et du monde aient conscience que c’est de notre responsabilité face à l’Histoire et des générations futures dont il est question aujourd’hui.

La République de Weimar, qui était une belle république, une belle démocratie parlementaire, pleine de débats, de juristes savants et de fins lettrés, est morte de n’avoir pas su prendre l’exacte mesure du nazisme.

La République de Weimar a pensé pouvoir discuter avec Hitler. Les hommes politiques allemands de cette époque, bien éduqués et très instruits, pensaient manipuler Hitler, le contenir dans les limites du système. Ils pensaient contrôler la situation. Ils ont été balayés ! Ils ont été liquidés !

Leur faiblesse, leur refus de voir la réalité en face a permis à Hitler et ses fanatiques de déverser un torrent de haine et de violence sur l’Europe.

Alors, c’est vrai, Daech, l’Etat islamique, n’est pas le IIIe Reich.

Il n’a pas ses capacités industrielles, ses moyens colossaux, ses millions d’hommes en armes prêts à déferler sur le continent. Mais à l’heure où nous parlons, l’Etat islamique est bien la principale menace qui pèse sur nous et qui met en danger notre culture, notre civilisation.

Je ne sais pas ce qu’aurait fait le général de Gaulle, parce que personne ne peut faire parler les morts, aussi illustres soient-ils.

En revanche, je sais très bien ce qu’il n’aurait pas fait : il ne se serait pas caché derrière l’état du droit actuel ou une fallacieuse conception de la démocratie pour ne rien faire !

Quand en pleine guerre d’Algérie, des bombes explosaient, tuant chaque jour hommes, femmes et enfants dans la rue, à la terrasse des cafés ; quand des représentants de l’Etat étaient pris pour cible et abattus dans la rue, ce n’est pas avec des demi-mesures, encore moins avec des mots, que le Général a lutté contre les terroristes !

Contre les terroristes, c’est avec toute la puissance de l’Etat que le Général a lutté. C’est avec la plus totale énergie, la plus farouche volonté que le Général a combattu.

Alors, oui, les temps ont changé ! Mais rien ne nous empêche, quand même, de trouver notre inspiration, notre motivation dans son courage, dans sa droiture morale et sa détermination !

Qu’on ne vienne pas nous dire, quand tant de Français sont morts assassinés et que tant d’autres risquent de l’être demain, qu’il n’y a « rien à faire ». Que c’est « comme ça » ; « qu’on n’y peut rien ». Qu’il va falloir « apprendre à vivre avec ». Supporter et s’abstenir, en somme, comme le préconisaient les philosophes Stoïciens à Rome.

Je ne serai pas le Président de l’impuissance publique. Je ne serai pas naïf.

Je ne serai pas le Président qui se contentera des commémorations et des lieux de mémoire. Je ne serai pas le Président qui se cache derrière l’immobilisme du droit pour ne rien faire.

Où a-t-on vu que la République était forcément condamnée à être faible parce qu’elle était démocratique ?

Où a-t-on vu que l’Etat de droit ne devait pas d’abord et avant tout protéger la sécurité de ses citoyens ?

La France de de Gaulle étaitOelle une dictature ? Pas que je sache ! Si c’était le cas, ce fut une bien douce dictature puisqu’elle a laissé Monsieur Mitterrand mener l’opposition et faire tranquillement son chemin jusqu’à l’Elysée !

Les Français veulent être gouvernés! C’est vrai dans tous les domaines, mais c’est encore plus vrai en matière de sécurité.

La guerre que nous devons conduire ne sera pas la plus terrible ni la plus retentissante de notre histoire. Mais elle sera sans aucun doute l’une des plus compliquées à mener. L’ennemi est partout et nulle part. Il se cache dans la foule des anonymes.

C’est un ennemi qui sait se rendre invisible jusqu’à ce qu’il nous frappe. Jamais là où on l’attend. Toujours là où cela nous fait le plus de mal.

Nous sommes en guerre contre Daech, à l’extérieur de nos frontières, sur des théâtres d’opération lointains.

Nous sommes aussi en guerre contre des ennemis intérieurs.

Il faut écraser l’Etat islamique là où il a pris forme. Il faut détruire Daech en Syrie, en Irak et en Libye.

Il faut surtout empêcher ses soldats, ses combattants expérimentés, aguerris par plusieurs années de lutte et de massacres, de s’enfuir des champs de bataille. Pourquoi ? Parce que nous ne voulons à aucun prix qu’ils reviennent chez nous porter la mort dans nos villes.

On ne s’engage pas dans l’armée de Daech par hasard.

On ne se rend pas en Syrie ou en Irak sans savoir ce qu’il s’y passe. Sans savoir que làObas on torture et on tue des innocents, on viole des femmes, on déporte des populations entières quand on ne les extermine pas, purement et simplement.

Il n’y a pas de djihadistes innocents, ni de candidats au djihâd innocents. Le simple fait de penser à rejoindre les zones de conflit est un crime contre son pays. On ne doit pas se contenter de supprimer les passeports de ces gensOlà. On doit les arrêter et les enfermer, le temps nécessaire à leur déradicalisation, dans des centres fermés.

Les Français qui choisissent Daech choisissent la barbarie. Ils choisissent de se placer hors de notre civilisation. Ce ne sont pas des jeunes égarés. Ce sont des criminels qui doivent être traités comme tels.

Ceux qui trahissent la France doivent être déchus de leur nationalité française.

Ceux qui combattent la France et ses alliés sur des théâtres de guerre, doivent être traités comme des ennemis.

Le vrai problème se pose quand ils parviennent, malgré tout, à passer les frontières et à revenir en France.

Doivent-ils bénéficier du même droit, des mêmes libertés que vous ? FautOil respecter leur vie privée comme la vôtre mérite de l’être ? Leur laisser la même liberté d’aller et venir que vous ? Les faire bénéficier de la même générosité, pour ne pas dire du même laxisme, de notre justice pénale ? Faut-il leur accorder les mêmes reports ou aménagement de peines ?

En d’autres termes, faut-il les considérer comme des citoyens ordinaires, jusqu’à ce qu’ils soient passés à l’acte et que ce soit trop tard ?

La réponse à toutes ces questions est clairement non ! Pour protéger notre liberté, il faut réduire la leur.

Il nous faut une justice d’une exceptionnelle fermeté face à une menace qui l’est tout autant.

Le temps est venu de créer une Cour de sûreté antiterroriste à l’image de la Cour de sûreté de l’Etat créée par le Général de Gaulle contre l’OAS en 1963, à laquelle serait adossé un parquet national spécialement dédié, dont la mission exclusive serait la lutte contre le terrorisme.

Dans le même temps, je propose des juges de la liberté et de la détention spécialisés dans l’antiterrorisme, rattachés à cette cour de sûreté : l’individu de 19 ans qui a égorgé un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, après avoir fait deux tentatives de djihad, ne peut pas relever de juges de droit commun. Les prévenus et les condamnés terroristes doivent enfin être affectés dans des quartiers spécifiques de prison, pour éviter toute contamination avec les autres détenus et tout risque sécuritaire.

J’affirme qu’une personne, dont on a des raisons sérieuses de penser qu’elle constitue un danger pour la société, doit faire l’objet d’un traitement spécifique et préventif, sur le modèle juridique de l’hospitalisation d’office, qui existe pour les cas psychiatriques dangereux pour eux-mêmes et pour la société.

Les socialistes prétendent que la rétention administrative pour les personnes radicalisées qui présentent des risques de basculement dans l’action violente serait inconstitutionnelle.

Si j’avais écouté depuis 2002 tous ceux qui me disaient que mes propositions étaient contraires à la Constitution ou à la Convention européenne des droits de l’homme, je n’aurais pas fait grand-chose !

Les peines planchers étaient inconstitutionnelles, la peine de sureté pour les prédateurs sexuels à leur sortie de prison était inconstitutionnelle, la réforme de l’Ordonnance de 1945 sur les mineurs risquait d’être inconstitutionnelle !

Le placement en rétention administrative des personnes dont la dangerosité est attestée est tellement inconstitutionnel dans notre pays, qu’on interne 70 000 personnes chaque année afin non seulement de protéger nos concitoyens, mais aussi de leur administrer un traitement ! Ce n’est pas la rétention administrative dans des centres de déradicalisation fermés qui est inconstitutionnelle, c’est l’absence de tout contrôle judiciaire sur cet internement qui le serait !

On a dit la même chose quand au ministère de l’Intérieur et à l’Elysée je faisais interpeller et reconduire chez eux les étrangers clandestins qui n’avaient rien à faire chez nous. Les mêmes gens, avec le même sens de la nuance, parlaient de « rafles ». Aujourd’hui, les étrangers sans-papiers, on ne les reconduit même plus à la frontière. Pourquoi s’embêter à appliquer les lois de la République ?

Avec Schengen qui a failli et la politique d’hospitalité sans condition du gouvernement socialiste, il suffit de passer la frontière turque pour se retrouver à Paris, sans avoir croisé un seul douanier !

Il n’y aura pas de lutte efficace contre le terrorisme islamiste sans un retour du contrôle effectif aux frontières.

Regardez en Allemagne ! Est-ce que vous croyez qu’un État européen peut aujourd’hui se permettre d’ouvrir grandes ses portes sans en payer le prix ?

La sécurité nationale ne doit plus être un vain mot. Le territoire français doit être sanctuarisé. Le risque zéro n’existe pas.

Mais le responsable politique qui n’est pas convaincu qu’il faut, dès aujourd’hui, appliquer une tolérance zéro à l’encontre du terrorisme islamiste et de ses causes, ne mérite pas votre confiance.

Je demande à ce que toutes les politiques publiques soient soumises au critère de conformité avec les objectifs de la sécurité nationale.

C’est pour cette raison que je souhaite que la délivrance de visas et l’entrée sur le territoire français, l’attribution de la nationalité française, l’administration pénitentiaire comme celle des douanes, soient placées sous l’autorité d’un seul et même ministre, celui de la sécurité intérieure.

Cette proposition est le fruit d’une longue expérience personnelle au sommet de l’Etat, que ce soit au ministère de l’Intérieur, des Finances, où à la tête de l’Etat.

Quand j’étais à Beauvau, j’ai réuni sous la même tutelle ministérielle les policiers et les gendarmes, ceux-ci ayant toujours historiquement dépendu du ministère de la Défense. Tout le monde m’a dit que je n’y arriverai jamais, que les cultures des policiers et des gendarmes étaient trop différentes. Aujourd’hui, qui songerait sérieusement à revenir sur cette réforme ? Personne !

On ne peut pas se permettre d’avoir des départements ministériels qui jouent les uns contre les autres. On ne peut pas avoir, d’un côté, le ministère des Affaires étrangères qui délivre des visas parce qu’il cherche à faciliter les relations diplomatiques avec certains Etats, et, de l’autre, un ministère de l’Intérieur qui pense que cette politique fait courir un risque à l’ordre public.

Il y a un temps pour tout et pour chaque chose. Quand tout va bien, on peut sans doute se permettre d’être plus accueillant. Mais quand on est en temps de crise, on doit se montrer nécessairement plus vigilant.

Je veux dire aux Français que les règles actuelles du regroupement familial ne fonctionnent plus. Elles doivent être profondément modifiées. Tant qu’avec nos partenaires européens nous n’aurons pas défini un nouveau Schengen, c’est-à-dire une nouvelle politique migratoire, alors la France suspendra le regroupement familial, car nous ne pouvons pas continuer à accueillir autant de monde alors que nous sommes dans l’impossibilité d’intégrer ceux qui sont sur notre sol.

La politique migratoire ne doit plus être une question idéologique en France. Il faut être pragmatique. La politique migratoire doit faire partie de la souveraineté d’un État.

Compte tenu de la gravité de la situation, nous devons pouvoir expulser, à l’issue de leur peine, tout étranger condamné à de la prison et tout étranger présentant des liens avérés avec le terrorisme ou des imams radicaux. Ce n’est pas pleinement possible aujourd’hui, en raison notamment de l’article 8 de la CEDH, qui proclame le droit de toute personne au respect de « sa vie privée et familiale ».

C’est pourquoi je souhaite que la France demande une nouvelle rédaction de cet article. Tant que nous n’aurons pas obtenu gain de cause, j’estime indispensable que la France s’exonère de son interprétation actuelle. Ce n’est ni à nos voisins, encore moins à la commission européenne ou aux juges européens qu’il revient de nous dicter notre conduite en la matière !

Plus le gouvernement français sera fort, plus il sera respecté par ses partenaires, et moins on cherchera à venir lui expliquer ce qu’il doit faire.

Après bientôt cinq années de socialisme, la France est plus affaiblie et meurtrie que jamais. Le gouvernement de Monsieur Hollande a désarmé notre pays comme jamais personne ne l’avait fait avant lui.

Ce désarmement est avant tout un désarmement intellectuel et moral.

Le plus grave n’est pas seulement que Mme Taubira, avec la complicité de l’ensemble du gouvernement, ait systématiquement, minutieusement, détruit tout ce que nous avions fait : suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, suppression des peines planchers contre les multirécidivistes, etc...

Le plus grave est qu’ils aient discrédité le sens même de la peine.

La prison n’est pas la solution, nous disait Mme Taubira ! Les délinquants ont besoin d’être dehors afin de pouvoir se réinsérer...

Demandez aux policiers ce qu’ils en pensent de la politique pénale du gouvernement ! Demandez à vos voisins qui viennent de se faire cambrioler pour la troisième fois en quatre ans, ce qu’ils pensent de ce laxisme pénal ! Demandez aux commerçants chinois d’Argenteuil, aux commerçants du centreO ville de Marseille s’ils se sentent en sécurité !

Je mettrai fin à l’inexécution généralisée des peines. Je supprimerai le système des remises et d’aménagement automatiques des peines de prison, pour que la sanction retrouve toute sa force. Je relancerai la construction de 20 000 places de prison, après l’arrêt scandaleux du programme que nous avions lancé.

Dès l’été 2017, nous ferons voter un dispositif pour lutter implacablement contre la récidive. Quand la société a condamné le même individu dix fois, quinze fois, vingt fois, sans que ce dernier ne comprenne qu’il doit arrêter sa dérive dans la délinquance, alors la sanction doit être forte pour devenir réellement dissuasive. Dans le cas contraire c’est la République qui recule. Après trois crimes ou délits, la peine pour le quatrième sera augmentée automatiquement de 25 %, au bout de cinq, de 50 %, et au bout de dix de 100 %. Les règles seront claires, leur mise en œuvre immédiate, les récidivistes vont vite le comprendre.

Il nous faudra nous attaquer à la problématique des mineurs qui recoupe d’ailleurs pour partie celle des multirécidivistes. Nous vivons aujourd’hui sous le régime de l’ordonnance de 1945. Le problème c’est que les mineurs d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir aujourd’hui avec ce qu’ils étaient au lendemain de la guerre. Un jeune de 17 ans n’a plus aucun point commun avec celui des années 50.

La première décision à prendre sera d’abaisser la majorité pénale à 16 ans et non plus à 18 ans comme aujourd’hui. Concrètement, il n’y aura donc plus d’excuse de minorité pour le délinquant de 16 ou 17 ans qui commettra un délit ou un crime. Il sera jugé pour ses actes, comme un adulte. Cela aura comme autre conséquence d’éviter que, dans les quartiers, les délinquants chevronnés continuent à utiliser les mineurs pour profiter de la différence de traitement avec la justice des adultes et abuser de l’excuse de minorité. Je souhaite ensuite que soient créés des établissements pénitentiaires spécifiques pour les mineurs. Il faut en finir avec les quartiers pour jeunes à l’intérieur des maisons d’arrêt et des centres de détention pour adultes.

Par ailleurs, et, cela sera sans doute le plus important, l’Etat devra disposer d’une palette variée et diversifiée de réponses préventives à cette forme particulière de délinquance. Cela doit commencer dès le collège et le lycée où tant de proviseurs et de principaux ne savent plus quoi faire avec quelques-uns de leurs élèves très difficiles. Nous installerons dans chaque département des internats à encadrement pédagogique renforcé, où seront obligés de se rendre ces perturbateurs. Si les familles refusent, elles se verront suspendre leurs allocations familiales.

Je propose d’aller plus loin pour ceux qui ont durablement décroché du système scolaire, cette centaine de milliers de jeunes qui sortent annuellement de notre système sans aucune qualification. Je propose un service militaire obligatoire, sur le modèle déjà mis en œuvre Outre-Mer par le Général de Gaulle.

Je veux que tout jeune âgé de 18 à 25 ans, qui n’a pas d’emploi, qui n’est inscrit dans aucune formation, qui a décroché et qui n’a pas suivi une scolarité normale, soit tenu de faire ce service militaire obligatoire. Il y apprendra le respect de la discipline, la vie en société, la chance de se lever tôt le matin, et l’attachement aux valeurs de la République.

Mes Cher Amis,

Les Français exigent la sécurité. Nous la garantirons.

Je n’accepterai jamais qu’on demande aux citoyens de choisir entre l’Etat de droit et la sécurité. L’Etat de droit ne doit pas devenir un Etat de faiblesse.

2017 doit être l’année du réarmement pénal !

2017 doit être l’année où la France retrouvera un gouvernement qui gouverne et un Président qui assume ses responsabilités !

2017 sera l’année du rétablissement de l’autorité de l’Etat !

L’année où les Français auront un choix à faire entre l’impuissance et l’action ! Mes chers compatriotes, mes chers amis, la France a besoin de vous !

Elle a besoin de votre énergie !

Elle a besoin que l’on croie en son destin ! Elle a besoin que l’on croie en ses valeurs !

Vive la République ! Vive la France !

sarkozy.fr

Publié dans discours, ToutPourLaFrance

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