Discours de Nicolas Sarkozy à Perpignan

Publié le par La rédaction

Discours de Nicolas Sarkozy à Perpignan

« Notre Nation s’incarne dans son passé, ses symboles et ses légendes »

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Maire,

Nous venons, ensemble, de passer une après-midi d’émotion et de mémoire avec les associations de harkis et de rapatriés.

Je sais que cette cause vous touche particulièrement. Je connais votre histoire et l’histoire de votre ville.

C’est ici, avec vous, que je voulais parler du sacrifice des harkis et du déchirement qu’ont représenté pour tant de nos compatriotes, leurs départs d’Algérie.

La France a connu, dans son Histoire, une multitude de faits d’armes victorieux, de moments de bravoure, de gloires inégalées. L’inconscient collectif des Français est bercé par les souvenirs des soldats de l’An II et de Valmy, des victoires d’Arcole et d’Austerlitz, du serment de Koufra et du drapeau tricolore flottant enfin sur la cathédrale de Strasbourg.

La France, à travers les siècles, se confond avec la grandeur, le génie et l’universalité.

Mais aimer la France ne signifie pas être naïf. Aimer la France ne veut pas dire que l’on oublie tout. Aimer la France, c’est aussi reconnaitre les moments de faiblesse, les blessures, les fautes.

La France est un grand pays, les Français un grand peuple.

Mais ce grand pays doit avoir la force de se souvenir des drames dans lesquels il a eu une part de responsabilité.

Le drame des Harkis est celui de toute la France.

En 1962, les accords d’Evian furent signés. Malgré les affres du terrorisme, malgré l’amour déchiré des Français d’Algérie pour leur sol –il suffit de lire le grand Camus pour mesurer l’intensité de cette relation — , malgré la déception d’une partie de l’armée, la raison nationale l’emporta sur les passions humaines.

Pendant la guerre d’Algérie, de nombreux soldats furent blessés, traumatisés, tués et, nous le savons, toute une génération de Français a été marquée à vie par le drame algérien. Mais une tâche de sang indélébile reste sur notre drapeau.

L’inexcusable a été commis après le cessez le feu officiel : des dizaines de milliers de harkis et d’Européens furent massacrés en Algérie. Durant ces moments de sang et de larmes, l’humanité était absente.

De nombreux soldats français, parfois en dépit des ordres de leur hiérarchie, ont sauvé l’honneur de la France en cachant et en accueillant ces Harkis qui n’avaient qu’un seul tort : aimer notre pays et lui rester fidèle.

Président de la République, j’ai rappelé pour la première fois au nom de toute la Nation, ce terrible moment de notre Histoire. A Rivesaltes, où des milliers de Harkis qui avaient échappé à la haine, ont été parqués, des mois durant, dans le froid et le dénuement, j’ai dit la responsabilité de la France et la dette que nous devions collectivement aux harkis et à leurs familles.

En 2005, j’ai appartenu à un gouvernement, qui a présenté un projet de loi reconnaissant solennellement les femmes et les hommes qui ont souffert et été sacrifiés lors de la guerre d’Algérie.

En 2010, sous ma présidence, la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, a été officiellement mise en place. Elle permet aux chercheurs et aux historiens d’étudier ce conflit et de faire la vérité afin d’œuvrer à la réconciliation des mémoires.

Chef de l’Etat, j’ai voulu et soutenu la proposition de loi qui sanctionne pénalement les injures et diffamations commises à l’égard des anciens membres des formations supplétives et j’ai autorisé l’ouverture des archives aux Historiens en ce qui concerne les disparus de cette terrible période.

Continuant le combat du président Chirac, c’est l’honneur de mon gouvernement que d’avoir accompagné et soutenu les enfants d’anciens supplétifs, qu’ils s’agissent de l’octroi des bourses scolaires et universitaires et de l’accès à l’emploi. Et je souhaite apporter tout mon soutien à la proposition de résolution parlementaire déposée par le Député Guillaume Larrivé en faveur des Harkis et de leurs familles.

Mais en ce week-end de commémoration, je veux redire l’amour de la France à ceux qui sont nés du plus beau des droits d’être Français : le droit de la volonté et de la fidélité au drapeau.

A travers les harkis, c’est tout notre roman national qui s’écrit : celui des femmes et des hommes du monde entier qui ont adopté la France, ses valeurs, sa Nation. Parmi eux, une place privilégiée est faite aux Français musulmans morts pour notre liberté et notre drapeau. On ne compte plus les pages du roman National qui évoquent les moments de bravoure de tous ces soldats.

A ces soldats, je veux le dire, la Nation est éternellement reconnaissante.

Leur engagement, fait de courage et de sacrifices, est l’un des moments les plus importants de notre Histoire.

Ces soldats, sont la preuve que c’est la volonté, l’attachement, l’envie qui créent la Nation.

La France n’est pas le fruit du hasard, elle est le résultat de la volonté.

La France n’est pas le fait de la fatalité, elle est la conséquence de l’énergie.

La France n’est pas la marque d’une race, elle est l’aboutissement de notre amour inébranlable dans la Patrie.

Notre pays est ce désir ardent des millions d’Hommes et de Femmes qui nous ont précédés, et qui ont pu combattre pour constituer, ensemble, la Nation la plus libre, la plus éclairée, la plus universelle au monde.

Notre pays s’est construit patiemment. Avec difficultés et opiniâtreté. Il est le symbole de la coexistence d’un Etat et d’une Nation. Née de l’alliance de Clovis avec l’Eglise, la France a combattu les égoïsmes féodaux avec force et ténacité. Les rois de France ont forgé, par la conquête, l’unité nationale contre ces féodalités.

Notre pays a été réuni par la langue française : en imposant le Français à tous, François Ier, par l’Edit de Villers-Cotterêts, a rendu un immense service à la Nation en faisant œuvre d’assimilation.

Une seule langue pour une seule Nation.

La royauté et la Révolution ont défendu une conception française de la religion. Cette conception qui lie la liberté de culte, de croire ou de ne pas croire, avec la séparation fondamentale du temporel et du spirituel, a fait naître la laïcité française. Sa règle est simple, elle s’impose à tous.

Elle est la constituante même de l’identité française : les lois de la République sont, quelles que soient les circonstances, supérieures aux règles de la religion.

Continuant l’œuvre assimilatrice de la France, la République a poursuivi auprès des jeunes Français, la transmission de la légende nationale.

Mes chers compatriotes, voici ce qu’écrivait le grand Historien de la IIIème République, Ernest Lavisse : « Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroy de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes ; car c’est un malheur que nos légendes s’oublient ».

Pauvre gauche, pauvres socialistes, qui ne croient plus au roman national mais aux communautés, qui ne croient plus au creuset républicain mais au relativisme, qui ne croient plus à la Nation et à sa promesse d’égalité mais à la juxtaposition des Hommes, et à la mode du droit à la différence.

Il y a plus d’un siècle, c’était l’honneur de la gauche de promouvoir Briand et sa laïcité, Lavisse et le roman national, Ferry et son idée de l’Education.

Désormais, c’est l’honneur de la droite, de les défendre devant les attaques de la pensée unique, qui, sans réflexion, sans recul, sans souffle, condamne une certaine idée de la France.

Et dans ces moments de légende qui jalonnent l’Histoire de France, qui nous aident à aimer notre pays, qui doit être transmis à nos enfants, qui peut oublier le sacrifice de tous ces soldats français de cœur et d’adoption ?

Il n’y a pas l’Histoire des uns et l’Histoire des autres. Il n’y a pas autant d’Histoires à apprendre qu’il y a d’origines dans les écoles de la République. Il y a l’Histoire de France avec ses victoires et ses défaites, avec ses grandeurs et ses trahisons, avec Bouvines et Azincourt, avec Jemmapes et Waterloo, avec le 18 Juin et la poignée de mains de Montoire.

Ceux qui contestent l’importance de ces légendes, ceux qui n’ont que l’insulte parce qu’on rappelle la force de notre passé commun, ceux qui dénigrent car ils ont remplacé la réflexion par le réflexe, ceux-là, aujourd’hui, contesteraient, attaqueraient, dénigreraient, les si belles lignes que le Général de Gaulle écrivit au début de ses Mémoires de Guerre : « Petits Lillois de Paris, rien ne me frappait davantage que les symboles de nos gloires : nuit descendant sur Notre-Dame, majesté du soir à Versailles, Arc de Triomphe dans le soleil, drapeaux conquis foisonnant à la voûte des Invalides ».

Etre Français, et quels que soient leur lieu de naissance, la couleur de leur peau, leur religion, leur opinion, c’est hériter et s’approprier cette grande histoire de France, notre Histoire, ce roman national. C’est Notre-Dame de Paris et Versailles. C’est Roncevaux et le Mont Saint-Michel. C’est l’amour du drapeau et la Marseillaise. C’est la voix de Césaire et les poèmes de Baudelaire. C’est le code civil et la déclaration des droits de l’Homme. C’est Pasteur découvrant le vaccin, et Schœlcher abolissant l’esclavage.

Ceux qui ne comprennent pas que notre République, notre Nation, notre pays s’incarne dans son passé, ses symboles et ses légendes ne comprennent pas la France. La France n’est pas un pays où on adopte à la carte les droits, les devoirs, les symboles, la façon de vivre.

Nos ancêtres étaient les Gaulois, ils étaient aussi les rois de France, les Lumières, Napoléon, les grands républicains.

Nos ancêtres étaient aussi les soldats de la légion étrangère qui se battaient à Camerone et les tirailleurs sénégalais, incarnés par Faidherbe, dont quasiment toutes les villes de France ont une rue à son nom.

Nos ancêtres étaient les troupes coloniales mortes au chemin des dames lors de la Première Guerre mondiale, les tirailleurs musulmans morts à Monte Cassino, les parachutistes qui sautèrent sur Kolwezi.

Nos ancêtres c’étaient Clémenceau, Foch, Lyautey, Leclerc, le Bachagha Boualem, commandant de la légion d’honneur à titre militaire, 4 fois vice-président de l’Assemblée Nationale sous la Ve République, tous ceux qui ont combattu pour notre pays.

Ceux qui ne comprennent pas que notre République, notre Nation s’incarne dans son passé, ses symboles et ses légendes, ne comprennent pas la France. Refuser que quelle que soit son origine, on soit acteur du roman national, c’est nier la conception française de la Nation. Notre pays a toujours refusé que la Nation se fonde sur l’ethnie. Elle ne veut entendre parler que de communauté de destin.

Voici le grand historien Ernest Renan, « la nation, comme l’individu est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime : les ancêtres ont fait ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. »

Définir par leur couleur de peau, leur religion, leurs ancêtres biologiques, les femmes et les hommes de notre pays, ce n’est pas la conception que je me fais de la France. Ce n’est pas ça, la République.

La France est ce pays magnifique qui, par l’assimilation, permet que l’honneur de la haute fonction publique française soit sauvé en 1940 par un descendant d’esclave, Félix Eboué.

Mazarin né dans les Abruzzes, Marie Curie née polonaise, Dumas, fils de Saint-Domingue.

La France est la mère adoptive de tous ceux qui veulent l’aimer. Elle ne regarde pas l’arbre généalogique. Elle ne mesure que le mérite, l’effort et l’amour de la Patrie.

La France, par l’assimilation, est ce pays magnifique qui permet à un enfant de Cayenne d’être pendant des décennies Président du Sénat, à un petit-fils de juif grec de devenir Président de la République au suffrage universel.

Grâce à l’assimilation, qui n’est rien d’autre que l’autre nom de la promesse républicaine, chaque petit enfant de France peut prétendre à l’égalité des chances et à la réussite selon le seul critère de son mérite. Ceux qui critiquent l’assimilation sont ceux qui n’en n’ont pas besoin car leur milieu, leurs relations, leurs lieux de vie font d’eux des privilégiés.

Ceux qui critiquent l’assimilation ont accepté le renoncement à l’idée française.

Ils ont renoncé à réformer l’Education Nationale et notre système d’instruction qui doit faire face désormais à la démagogie de la facilité où il n’y a plus de notes, plus de classement, plus de mérite.

L’école de la République est le symbole de cette assimilation. Libre à chacun d’apprendre en dehors des institutions de la République, qui sont gratuites, laïques et obligatoires, une langue étrangère, celle de ses grands-parents, de ses parents, de s’intéresser à l’Histoire, grande et petite, de ses pères et mères.

Mais c’est parce que l’école de la République est le lieu neutre du Savoir, est le lieu de la transmission républicaine, est le lieu de l’acculturation à l’Histoire de France, à la culture de France, à la morale publique, que le communautarisme ne peut pas être accepté.

C’est parce que les petits enfants de France apprennent à l’école l’histoire de France, qui étaient Victor Hugo et Clémenceau, qu’ils peuvent, par ailleurs, s’intéresser à ce qu’ils souhaitent selon leur curiosité personnelle.

Si ce n’est pas à l’école de la République que l’on combat les inégalités économiques, les fossés qui séparent parfois les familles en termes de transmission de la langue et de la culture, qui le fera au nom de la France ?

Si ce n’est pas la République à travers l’école qui explique à tous les petits Français qu’il n’y a pas de différence entre les femmes et les hommes, qu’ils sont égaux en droit, que la soumission n’a pas lieu d’être dans notre civilisation, qui le fera au nom de la France ?

Faut-il être aveugle pour ne pas voir que le monde est bouleversé et que la mondialisation a aussi ses revers : un prétendu relativisme qui considère que chacun doit venir avec ses revendications, sa culture, son histoire.

Je refuse de toutes mes forces, parce que c’est mon devoir de Français, que ce que j’ai reçu en héritage de la République, nos enfants et les enfants de nos enfants, en soient privés.

Je refuse que par lâcheté, par peur du politiquement correct, par frissons des mondains, que la République ne tienne plus son rôle, c’est-à-dire celui d’être une puissante force émancipatrice des déterminismes et des origines.

C’est par l’assimilation que l’on devient citoyen français.

Finalement, ce combat pour l’assimilation, c’est le combat pour la France. C’est celui qui permet la liberté, l’indépendance, l’égalité de chaque femme et de chaque homme.

Le combat pour l’assimilation, c’est celui du bonheur d’être Français.

Etre heureux d’être Français ne se décrète pas.

Etre heureux d’être Français ne se rêve pas.

Etre heureux d’être Français, ça s’acquiert.

Recevoir la France en héritage, ce n’est pas une évidence, cela se mérite.

La France est généreuse mais elle est exigeante. Elle n’a qu’une demande : qu’on l’aime et qu’on la respecte.

Etre Français se mérite et se chérit.

Pensons ici à Perpignan, ville généreuse, ville ouverte, belle ville française, à tous ces soldats venus d’ailleurs, blessés, torturés, morts pour l’idée qu’ils se faisaient de la France. Personne ne pourra dire que leur sacrifice était vain si nous continuons à porter la flamme française.

L’assimilation n’est pas une violence, c’est une libération.

S’approprier l’Histoire de France n’est pas une insulte, c’est un honneur.

Aimer la Nation à laquelle on appartient n’est pas une difficulté, c’est un devoir.

A Perpignan, nous le disons : Honneurs soient rendus à ceux qui aiment la France.

Nous sommes Français et nous saluons ces soldats qui se sont sacrifiés pour notre Liberté. Nous devons être digne de cet héritage.

Mes Chers Amis, j’ai dit que dans cette campagne je vous devais la vérité.

Dire la vérité, c’est refuser qu’il puisse y avoir des débats interdits, ceux qu’on n’aurait jamais le droit d’avoir, parce que ceux pour qui tout va bien préfèrent fermer les yeux sur la sécurité, sur l’assistanat, sur les impôts, sur l’immigration, sur le communautarisme, sur la perte d’autorité qui touche notre pays.

Dire la vérité, c’est dire qu’il faut rétablir l’autorité de l’Etat qui fait si cruellement défaut aujourd’hui.

Qu’ont-ils fait, à gauche, de l’autorité ?

Qu’en ont-ils fait lorsqu’on voit des zadistes occuper des territoires sans que personne ne réagisse ? Quand on accepte, sans même déposer plainte, qu’un collectif s’appelle « Urgence la police assassine » ? Quand on laisse des dizaines de quartiers dans lesquels la police n’entre plus, les forces de secours sont caillassées, avec pour seule loi, la loi des bandes, des caïds et des trafiquants ? Quand on laisse une jungle de plus de 10 000 migrants prospérer dans le Calaisis ? Quand on apprend que les reconduites à la frontière des étrangers clandestins ont diminué de 20% sur les six premiers mois de l’année ?

Où est passée l’autorité de l’Etat, quand 100 000 peines ne sont pas exécutées chaque année? Quand par idéologie, on laisse pendant trois ans Madame Taubira déconstruire méthodiquement tout l’arsenal pénal, refuser la construction de places de prison, promouvoir un nouveau système dans lequel, pour tous les délits punissables jusqu’à cinq années de prison, on n’y va même plus !

Où est passée l’autorité, quand ce sont les minorités qui gouvernent ? Jamais le pouvoir ne leur a autant cédé. Jamais les centrales syndicales n’ont autant eu la capacité de faire et défaire les lois. Jamais on n’a autant cédé à la rue, à ceux qui bloquent, à ceux qui occupent. Jamais un Gouvernement n’a paru aussi faible, désarmé, impuissant face aux corporatismes.

Je serai le Président qui rétablira l’autorité de l’Etat. C’est la première urgence. C’est la première demande des Français.

Dans la guerre contre le terrorisme, je ne serai pas le Président de l’impuissance publique.

Je ne serai pas le Président qui se contentera des commémorations et des lieux de mémoire.

Je ne serai pas le Président qui se cache derrière l’immobilisme du droit pour ne rien faire.

Dans mon esprit, la seule guerre possible contre le terrorisme islamiste ne peut être qu’une guerre implacable.

Ceux qui trahissent la France doivent être déchus de leur nationalité française.

Ceux qui combattent la France et ses alliés sur des théâtres de guerre, doivent être traités comme des ennemis.

J’affirme qu’une personne, dont on a des raisons sérieuses de penser qu’elle constitue un danger pour la société, doit faire l’objet d’un traitement spécifique et préventif, en les plaçant dans un centre de rétention.

Quant aux personnes suspectées de liens avec le terrorisme ou qui seraient suivies par les services pour radicalisme et qui ne seraient pas françaises, je veux leur expulsion immédiate et leur retour dans leur pays d’origine.

Face au désarmement pénal de notre Justice, je mettrai fin à l’inexécution généralisée des peines. Je supprimerai le système des remises et d’aménagement automatiques des peines de prison, pour que la sanction retrouve toute sa force.

Je relancerai la construction de 20 000 places de prison, après l’arrêt scandaleux du programme que nous avions lancé.

Dès l’été 2017, nous ferons voter un dispositif pour lutter implacablement contre la récidive. Après trois crimes ou délits, la peine pour le quatrième sera augmentée automatiquement de 25 %, au bout de cinq, de 50 %, et au bout de dix, de 100 %. Les règles seront claires, leur mise en œuvre immédiate, les récidivistes vont vite le comprendre.

Je m’attaquerai à la problématique des mineurs qui recoupe d’ailleurs pour partie celle des multirécidivistes.

La première décision à prendre sera d’abaisser la majorité pénale à 16 ans et non plus à 18 ans comme aujourd’hui. Concrètement, il n’y aura donc plus d’excuse de minorité pour le délinquant de 16 ou 17 ans qui commettra un délit ou un crime. Il sera jugé pour ses actes, comme un adulte. Je souhaite ensuite que soient créés des établissements pénitentiaires spécifiques pour les mineurs. Il faut en finir avec les quartiers pour jeunes à l’intérieur des maisons d’arrêt et des centres de détention pour adultes.

Par ailleurs, et, cela sera sans doute le plus important, cette politique de prévention de la délinquance et de retour de l’autorité doit s’incarner à l’école. Cela doit commencer dès le collège et le lycée où tant de proviseurs et de principaux ne savent plus quoi faire avec quelques-uns de leurs élèves très difficiles. Nous installerons dans chaque département des internats à encadrement pédagogique renforcé, où seront obligés de se rendre ces perturbateurs. Si les familles refusent, elles se verront suspendre leurs allocations familiales.

Je propose d’aller plus loin pour ceux qui ont durablement décrochés du système scolaire, cette centaine de milliers de jeunes qui sortent annuellement de notre système sans aucune qualification. Je propose un service militaire obligatoire, sur le modèle déjà mis en œuvre Outre-Mer par le Général de Gaulle.

Je veux que tout jeune âgé de 18 à 25 ans, qui n’a pas d’emploi, qui n’est inscrit dans aucune formation, qui a décroché et qui n’a pas suivi une scolarité normale, soit tenu de faire ce service militaire obligatoire. Il y apprendra le respect de la discipline, la vie en société, la chance de se lever tôt le matin, et l’attachement aux valeurs de la République.

Restaurer l’autorité de l’Etat, c’est reprendre le contrôle de notre politique migratoire.

Notre modèle d’intégration est en panne, submergé par le nombre. Refuser de considérer cette réalité, c’est refuser de se consacrer prioritairement à l’assimilation de ceux qui sont sur notre sol.

Je veux dire qu’à l’été 2017, nous aurons démantelé le campement de Calais, et que je n’abandonnerai pas les Calaisiens à ces flux d’immigration sans contrôle.

Je veux dire aux Français que les règles actuelles du regroupement familial ne fonctionnent plus. Elles doivent être profondément modifiées. Tant qu’avec nos partenaires européens nous n’aurons pas défini un nouveau Schengen, c’est-à-dire une nouvelle politique migratoire, alors la France suspendra le regroupement familial, car nous ne pouvons pas continuer à accueillir autant de monde alors que nous sommes dans l’impossibilité d’intégrer ceux qui sont sur notre sol.

Mes Chers Amis, nous sommes la France.

Jamais, je ne renoncerai à l’idée que je me fais de notre pays.

Je suis candidat à la primaire et nous allons gagner.

Je serai candidat à l’élection présidentielle et nous allons gagner.

La France mérite qu’on lui donne tout !

Vive la République ! Vive la France !

sarkozy.fr

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