Nicolas Sarkozy: le gouvernement « a sacrifié » la SNCF

Publié le par La rédaction

Nicolas Sarkozy: le gouvernement « a sacrifié » la SNCF

Invité de la matinale d'Europe 1 ce jeudi, le président des Républicains s'est largement attaqué au gouvernement et à François Hollande.

Nicolas Sarkozy est toujours le même. Surtout quand il s'agit de dire ses quatre vérités au pouvoir exécutif. Interrogé ce matin sur Europe 1 sur les récents mouvements sociaux, le président du parti Les Républicains a qualifié la grève SNCF de « scandale ». Il conteste la décision du gouvernement de négocier directement avec les syndicats en court-circuitant le président de la SNCF et dénonce un « manque d'autorité ». Pour lui, le gouvernement est coupable : il « a sacrifié » la SNCF. « La réforme de Guillaume Pepy était bonne. Elle a été jetée aux orties pour le seul fait de donner des gages à la CGT afin de faire passer la loi El Khomri dans laquelle il n'y a rien. » Sur la loi travail, il soutient l'article 2, et maintient que « le reste ne résout pas les problèmes de rigidité du Code du travail ». Violent vis-à-vis des syndicats, il souligne que « la CGT et un certain nombre de syndicats minoritaires décident de bloquer le pays de façon corporatiste ».

Nicolas Sarkozy avance plusieurs solutions : « supprimer le monopole de présentation des grandes centrales syndicales au premier tour des élections professionnelles », élire les délégués syndicaux et mettre en place des référendums à l'initiative du chef d'entreprise pour que les salariés décident de l'arrêt ou de la poursuite de la grève. Le président des Républicains en a profité pour étriller l'actuelle majorité. « François Hollande paye le prix du mensonge. À aucun moment il n'a dit qu'il allait réformer le Code du travail. Les syndicats ont le sentiment d'avoir été bernés, trompés. » S'attaquant au choix du gouvernement de mettre en place des fan-zones pendant l'Euro, il explique que l'on « a mieux à faire que d'occuper nos policiers et nos gendarmes sur des fan-zones alors qu'on est en état d'urgence ».

Comme pour la finale de l’Euro, tout est ouvert, tout est possible

Sur le camp de migrants à Paris, il précise : « Quand vous créez un camp, vous créez un appel d'air. » Selon lui, « l'Europe est en train de devenir une passoire » et il vaut mieux « réformer Schengen et tenir nos frontières ». Sentiment de déjà-vu. S'exprimant sur la possible suppression des 35 heures, prônée par ses concurrents à la primaire, l'ancien chef d'État favorise la souplesse. « Il y aura un référendum dans chaque entreprise pour décider du temps de travail. On donnera la liberté aux salariés, aux chefs d'entreprise de décider la durée de travail et à quel moment commencent les heures supplémentaires. » L'ancien président est aussi revenu sur son discours de la veille à Lille, et sur son expression « tyrannie des minorités ». « La République ne peut pas reculer devant des habitudes vestimentaires ou alimentaires ne correspondant pas au mode de vie français. Lorsqu'on vient en France, on adopte le mode de vie français, on apprend l'histoire de France. Pourquoi la majorité serait-elle la seule à ne pas pouvoir défendre son identité ? Je veux que l'école redevienne le conservatoire de la culture française. »

Interrogé sur la flou de sa parole (s'exprime-t-il en tant que candidat à la primaire ou en tant que chef de l'opposition ?), il a répondu avoir parlé hier en tant que président du parti. « Je ne vois pas comment, dans la situation que connait le pays et à un mois du conseil national qui va adopter le projet des Républicains, le président du parti, élu par les militants à un suffrage qui n'a été contesté par personne, devrait abandonner ses fonctions. Je ne changerai pas de méthode ni d'agenda. » Sa priorité : se concentrer sur le projet du parti, révélé le 2 juillet. Sur la large avance d'Alain Juppé dans les sondages, il affirme « ne pas tenir compte de la fluctuation de la pensée unique ». « Comme pour la finale de l'Euro, tout est ouvert, tout est possible. » Pour l'Euro, réponse le 10 juillet. Pour le reste, la route sera longue...

lepoint.fr

Publié dans Interwiew

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