Nicolas Sarkozy: « La vocation de la France est d'être un leader »

Publié le par La rédaction

Nicolas Sarkozy: « La vocation de la France est d'être un leader »

Le retour de la Russie sur la scène internationale après son effacement à la fin du siècle dernier, les ambitions de la Chine, le décollage de l'Afrique, l'émergence de l'Amérique latine, les relations avec les Etats Unis, la déstabilisation du Proche Orient, l'Union pour la Méditerranée, la guerre à la civilisation engagée par un islamisme radical, la démographie galopante de la planète et notamment du continent africain...

Nombreux étaient les sujets évoqués ce mercredi lors de la journée de travail consacrée aux affaires internationales dans le cadre de l'élaboration de notre projet politique qui sera présenté, le 2 juillet prochain, au Conseil national spécialement réuni à la Maison de la Mutualité.

« La multipolarité du monde et les menaces qui vont avec n'ont jamais rendu le monde aussi complexe, aussi imprévisible, aussi instable, aussi fragile. Et face à ce monde, jamais il n' y a eu autant besoin de leadership et jamais il n'a autant manqué de leadership », constate Nicolas Sarkozypour qui les institutions internationales crées au lendemain de la Seconde guerre mondiale ne sont plus adaptées à notre époque.

Il en appelle d'ailleurs, dans les propositions de l'alternance formulées par Les Républicains, à une réforme indispensable de la gouvernance mondiale, dont celle de l'ONU. « Il n'y a pas un seul membre permanent africain au Conseil de sécurité, ni indien, le pays le plus peuplé du monde, ni d'Amérique du Sud, ni du Japon, ni de l'Allemagne. Cela ne peut plus fonctionner ainsi », estime Nicolas Sarkozy remarquant également que le « marché mondial s'est installé sans gouvernance mondiale ». Raison pour laquelle il veut relancer le G20, groupe composé de l'Union européenne et de 19 autres pays dont les pays émergents.

Dans cette nouvelle organisation mondiale, Nicolas Sarkozy assigne un rôle à la France, celui d'être le « leader pour la régulation de la mondialisation financière, du prix des matières premières. « Est-ce que le prix du cacao de la Côte d'Ivoire doit être déterminé à Londres », interroge Nicolas Sarkozy assurant qu'il y avait besoin de mettre de la « transparence » dans la mondialisation.

Déplorant le « recul inquiétant de la France sur la scène internationale (...) parce qu'elle n'occupe pas aujourd'hui la place qui devrait être la sienne dans les affaires du monde, en étant à l'initiative et en montrant le chemin », Nicolas Sarkozy esquisse la vision des Républicains dans la conduite des relations internationales de la France, dès 2017.

« La vocation de la France est d'être un leader, de prendre des initiatives, de montrer la voie, de surprendre, d'oser, de réussir. Voilà ce que la France n'est plus », déplore Nicolas Sarkozy profitant de cette journée de travail pour indiquer aux Français « ce que la France doit être à nouveau ».

« Quand la France n'a plus d'idées, elle disparaît », considère Nicolas Sarkozy qui veut que la France ait « une nouvelle politique étrangère qui parte d'une vision qui s'appuie sur des valeurs fortes et sur une identité. Les valeurs fortes sont la paix, la liberté, la justice, la démocratie, le respect des droits de l'Homme, de l'Etat de droit, de la légalité internationale », détaille-t-il. Quant à l'identité, le président des Républicains l'assume, c'est celle de l'appartenance de la France à l'Europe et à la famille occidentale. « C'est une réalité historique, une réalité culturelle, une réalité politique. Quand un soldat américain meurt, comme ils l'ont été aussi nombreux pendant la seconde guerre mondial pour libérer notre pays, c'est l'un des nôtres », estime Nicolas Sarkozy persuadé que » la France jouera d'autant mieux son rôle dans le monde, contribuera d'autant mieux à la compréhension des peuples, au dialogue des cultures que nous assumerons cette part d'identité. »

Mais au-delà de cette vision, Nicolas Sarkozy, au nom des Républicains, a affiché, en plus de la gouvernance mondiale, trois autres priorités d'action : la Méditerranée, l'Afrique et les relations avec la Russie et la Turquie.

« C'est en Méditerranée que se joue une grande partie de l'avenir de la France, de l'Europe et du monde. Quand la France tourne le dos à la Méditerranée, elle ne le tourne pas à son passé mais à son avenir », estime Nicolas Sarkozy pour qui « la vocation de la France est d'avoir le leadership en Méditerranée ».Regrettant que l'Union pour la Méditerranée (UPM), qu'il a portée sur les fonts baptismaux pendant son quinquennat, ait été mise sous le boisseau par François Hollande par pure idéologie (parce que créée par son prédécesseur) , Nicolas Sarkozy porte toujours cette conviction que le « rapprochement et la coopération des peuples de la Méditerranée est plus que jamais nécessaire ». A ses yeux, ce serait le lieu idoine pour apaiser les tensions, régler des conflits et lutter contre le terrorisme de l'islamisme radical.

« Aujourd'hui les défis dans cette région du monde n'ont jamais été aussi grands », relève Nicolas Sarkozy qui liste tous les dangers dont celle de la guerre, au sein de l'islam, entre les Sunnites et les Chiites et de celle lancée par le terrorisme djihadiste de l'Etat islamique qui, au-delà de la Syrie et de la Libye, menace également la Tunisie, le Maroc, l'Algérie, l'Égypte, la Jordanie... « Si on décide de faire la guerre contre le terrorisme islamique, il faut la gagner et aller là où le mal a pris racine » assure Nicolas Sarkozy. Pour lui, la priorité absolue de la France est d'organiser rapidement « une grande conférence nationale pour parler des constitutions, des frontières des pays du Proche Orient, de la réconciliation entre sunnites et chiites ».

Deuxième priorité, l'Afrique, ce continent qui va doubler de population en 30 ans ! « Il faut repenser complètement notre relation avec l'Afrique, que cela soit en matière de développement, de sécurité et d'immigration », estime le président des Républicains. En matière de développement, Nicolas Sarkozy souhaite changer de paradigme. « Il faut cesser de considérer le soutien au développement de l'Afrique comme un acte de charité, de compassion. Le défi du continent africain c'est d'offrir des emplois et d'assurer l'avenir de sa jeunesse, souligne-t-il, plaidant pour le « plus gigantesque plan de développement engagé en Afrique et conçu avec les Africains eux-mêmes». Aux éventuels récalcitrants, Nicolas Sarkozy demande de réfléchir aux coûts induits en cas de refus en raison de l'immigration illégale et par une présence militaire nécessaire pour assurer la stabilité de l'Afrique, laquelle va connaître un choc démographique sans précédent dans l'histoire de l'humanité (2,5 milliards d'habitants en 2050). « Personne n'en parle mais le sujet de la démographie est majeur. La question est de savoir combien la planète peut accueillir d'habitants. Nous serons plus de 11 milliards en 2100 », note au passage le président des Républicains qui propose la mise en place d'un organisme mondial sur la démographie et la tenue d'une conférence annuelle.

Aux Africains et aux Européens, Nicolas Sarkozy propose une stratégie gagnant-gagnant. L'Europe aide l'Afrique dans son développement, sa croissance et donc des emplois et, en contrepartie, ce développement doit profiter également aux entreprises européennes impliquées dans ce plan.

Enfin, pour dernière priorité, Nicolas Sarkozy souhaite que l'on repense notre relation avec nos deux voisins que sont la Russie et la Turquie. « Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle guerre froide. Nous ne pouvons pas accepter l'idée qu'un nouveau mur politique se rétablisse entre la Russie et le continent européen, ce n'est de l'intérêt de personne et surtout pas des Polonais », note Nicolas Sarkozy. Pour sortir du blocage actuel, Nicolas Sarkozy veut « créer un électrochoc positif » entre la Russie et l'Europe par la « levée progressive et mutuelle des sanctions en échange de gestes concrets, allant dans le sens de l'application des accords de Minsk. » Concernant la Turquie, Nicolas Sarkozy a redit son désaccord à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. « La Turquie c'est l'Asie mineure, ce n'est pas l'Europe mais elle est un pont entre l'Europe et l'Asie», insiste-t-il, plaidant pour l'émergence d'un grand espace de sécurité et de coopération entre la Russie, la Turquie et l'Union européenne « qui permettra de rapprocher nos trois ensembles continentaux et d'en faire de véritables partenaires dans la mondialisation ».

« Il s'agira de créer un espace de coopération privilégié comprenant trois volets, politique, économique et sécuritaire contre notre ennemi commun, le terrorisme djihadiste », développe Nicolas Sarkozy persuadé qu'au regard des défis actuels (crise migratoire, menace terroriste, crises syrienne et ukrainienne) « nous ne pouvons pas nous passer d'une coopération étroite » avec la Russie et la Turquie.

Les Républicains

Publié dans France

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