Nicolas Sarkozy à Cannes: 500 inconditionnels dans une Fnac surchauffée

Publié le par La rédaction

Nicolas Sarkozy à Cannes: 500 inconditionnels dans une Fnac surchauffée

Au rythme infernal de quinze secondes par lecteur, l'ancien chef de l'Etat a signé probablement plus de 10 000 exemplaires de son dernier livre.

Jeudi, à Cannes (Alpes-Maritimes), dans une Fnac surchauffée, plus de 500 inconditionnels ont poireauté plusieurs heures, imperturbables, pour approcher leur idole. Ils ont eu droit à un sourire, un mot de remerciement et au précieux paraphe sur la page de garde de la France pour la vie, le best-seller de l’ancien chef de l’Etat. Cette expérience plonge les heureux dédicataires dans un état proche de l’extase. Les yeux brillent, les «merci» fusent. On hésite entre l’enthousiasme de fans de people et la ferveur d’une procession religieuse.

Depuis la parution de son livre, fin janvier, Sarkozy a participé à plus d’une trentaine de séances de ce genre. Dans son équipe, on évalue à 600 personnes l’affluence moyenne, ce qui permet de conclure qu’il aurait signé de sa main pas loin de 20 000 volumes. L’estimation est probablement un brin exagérée. Mais même s’il faut la réduire de moitié, cette quantité de dédicaces reste phénoménale. «D’habitude, pour nous, une séance à plus de 100 signatures, cela relève déjà de l’exploit»,confie-t-on chez Plon, éditeur comblé de Nicolas Sarkozy – fin mai, son livre s’était vendu à 193 000 exemplaires.

Pour Sarkozy, ces séances donnent à voir ce que les sondages ne savent pas mesurer.«Ici, c’est le peuple qui se déplace […]. Ce que vous voyez là, cela s’appelle un lien», confie-t-il à Libération. Un lien qu’il serait un train de renouer, de librairies en supermarchés. S’il fonde tant d’espoirs sur ce phénomène, c’est qu’il sait que son principal rival, Alain Juppé, serait bien incapable de déclencher tant de passions.

Parmi les fans qui se pressaient jeudi à la Fnac de Cannes, certains étaient d’ailleurs déjà à Nice le mois dernier. «J’en prends un de plus pour mon papa. Il en a déjà un, mais pas dédicacé», explique Nelly, une quinquagénaire très bronzée. «Hollande, on n’en peut plus», glissera-t-elle au moment de la signature. Pas le temps d’en dire plus. Pour faire défiler la clientèle, l’équipe Sarkozy a mis au point une organisation parfaitement rodée. Il faut, au minimum, tenir le rythme infernal de 200 signatures à l’heure. Et donc ne pas prendre plus de quinze secondes par signature. Dans la queue qui serpente devant la table de l’auteur, une hôtesse note sur un des post-it le prénom des lecteurs. Elle en colle un dans chaque livre qui passe dans les mains d’une collègue chargée de le faire glisser, ouvert, sous le stylo. «Pour Nelly», Sarkozy signe. Sans même regarder la page, il répond au sourire ému de la lectrice, laquelle a confié son smartphone à une troisième hôtesse, chargée de photographier la scène.

Au comble du bonheur, les sarkozystes ont juste le temps de prononcer la phrase qu’ils avaient préparée : «On aimerait tant vous revoir ; moi je vous adore et Carla aussi je l’adore ; s’il vous plaît, débarrassez-nous de Hollande, tout Cannes vous veut ; etc...» Des admiratrices sont venues avec des chocolats, des dessins d’enfant ou tout simplement avec des décolletés plongeants, pour un selfie avec l’auteur.

Après deux heures de cet infernal marathon, le sourire de Sarkozy se crispe dans une grimace presque douloureuse. Il n’en peut plus. La journée a commencé par un jogging matinal, suivie de deux réunions préparées par le maire de Cannes, David Lisnard, et d’un déjeuner avec les élus du département. Visiblement épuisé, Sarkozy tient à aller jusqu’au bout de cette séance de dédicaces.

liberation.fr

Publié dans Dédicace

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