François Baroin annoncera dimanche son soutien à Nicolas Sarkozy

Publié le par La rédaction

François Baroin annoncera dimanche son soutien à Nicolas Sarkozy

François Baroin annoncera dimanche son soutien à l'ancien chef de l'Etat. Il aurait Matignon en cas de victoire en 2017.

Ils ne se quittent plus, et ce n'est qu'un début ! Ce midi, au siège des Républicains, Nicolas Sarkozy et François Baroin s'afficheront bras dessus bras dessous à l'occasion d'une rencontre avec plus de quatre cents maires estampillés LR.

Officiellement, le chef du parti veut discuter avec eux des problématiques locales -- désengagement de l'Etat, rythmes scolaires... — dans le cadre du congrès qui se tient depuis hier porte de Versailles, et dont Baroin est l'organisateur en tant que président de l'Association des maires de France (AMF). Officieusement, ce rendez-vous sera l'acte I d'une opération de communication qui conduira le sénateur-maire de Troyes à annoncer dimanche son soutien à la candidature de Sarkozy à la primaire. Il devrait le faire sur Europe 1, la radio où il débuta comme journaliste à la fin des années 1980.

Ce soutien est tout sauf une surprise. Depuis des mois, Baroin ne cache plus sa préférence pour l'ancien chef de l'Etat, dont il loue en privé « l'énergie, la capacité de leadership et l'expérience des plus hautes fonctions ». Surtout, il cultive à l'encontre d'Alain Juppé, principal adversaire de Sarkozy, une haine tenace. « C'est sûr que ça a aidé au rapprochement... » résume un fidèle lieutenant sarkozyste.

Entre Baroin et Juppé, l'histoire remonte à 1995, quand le Premier ministre de Jacques Chirac évinça le jeune porte-parole du gouvernement, seulement cinq mois après sa nomination. Et en juin 2011, alors que se dessinait le remaniement, Juppé avait pris fait et cause pour la nomination de Bruno Le Maire à Bercy. « Il jugeait que Baroin n'était pas au niveau, se rappelle un ancien ministre. Bien sûr, Nicolas n'en a pas tenu compte et a nommé François... » Vexé, Baroin n'a jamais pardonné au maire de Bordeaux : « Je ne travaillerai plus jamais pour lui, même s'il est élu président de la République. Je ne veux plus être mis sous la tutelle de cet homme-là », a-t-il confié à Gaël Tchakaloff, l'auteur de « Lapins et merveilles » (Ed. Flammarion).

Pour Sarkozy, l'officialisation de ce soutien est une bonne opération. « Il peut être un atout majeur », note Brice Hortefeux, qui n'ignore pas la bonne popularité de Baroin auprès des Français. « C'est une personnalité qui coche beaucoup de cases, reconnaît le député Eric Ciotti. Celle de la connaissance des territoires depuis sa nomination à la tête de l'AMF, de la jeunesse et du renouvellement puisqu'il n'a que 50 ans, de l'expérience en tant qu'ancien ministre, et bien sûr l'héritage chiraquien. » Des arguments qui font sourire certains candidats à la primaire. « Baroin a été élu pour la première fois en 1993. Je ne vois pas où est le renouvellement », tacle un proche de Le Maire. D'autres attaquent « sa nonchalance » et « son manque d'appétit pour le travail de fond ». « Il est stratège, mais pour lui-même et son plan de carrière. Pour le reste, on ne peut pas dire que ce soit un vrai bosseur », enfonce un ancien ministre qui l'a bien connu.

Reste que l'hypothèse d'un ticket Elysée/Matignon entre Sarkozy et Baroin fait doucement son chemin « On n'est pas dans ça », renvoie-t-on poliment dans l'entourage de l'ancien chef de l'Etat. D'autres franchissent allégrement ce pas. « Ils ont topé il y a quelques mois, affirme un sénateur. Pour la conquête de 2007, Nicolas avait dès 2006 affiché son ticket avec François Fillon. Et cela avait bien fonctionné. Il pourrait être tenté de refaire le même coup avec Baroin cette fois-ci. »

@olivierbeaumont

leparisien.fr

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