"Schengen 1 est mort" : Nicolas Sarkozy propose un nouveau traité européen

Publié le par Nelly

"Schengen 1 est mort" : Nicolas Sarkozy propose un nouveau traité européen

Le président du parti Les Républicains (LR) se veut le chantre de l'Europe, ce mardi 17 mai. Dans une interview au "Monde", Nicolas Sarkozy appelle ainsi à "refonder profondément le projet européen" au moyen d'un nouveau traité, dont il divulgue les grandes lignes.

"La priorité sera de poser les bases d'un Schengen 2, car Schengen 1 est mort", lance l'ancien président. "Je propose que soit créé un euro-Schengen, c'est-à-dire un gouvernement de Schengen composé des ministres de l'Intérieur des pays membres, avec un président stable." Avant d'asséner :

"Je propose que la liberté de circulation des extra-communautaires ne soit plus permise dans l'Union européenne."

Nicolas Sarkozy ressort ainsi une vieille volonté de la droite, liée à celle d'"harmoniser des prestations sociales" au sein de l'Union européenne pour que "tout nouvel entrant ne puisse pas toucher une allocation sociale avant un délai de cinq ans". Et de s'émouvoir du fait qu'"en France, on ne peut pas discuter d'immigration sans être traité de raciste".

Nicolas Sarkozy estime que "la France et l'Allemagne doivent assurer le leadership" de cette zone euro plus ferme. Il plaide pour la mise en place d'un "vrai gouvernement économique, avec la création d'un Secrétaire général qui soit un véritable directeur du trésor

Plus globalement, pour le président des Républicains, "l'Union européenne à 28 s'occupe de trop de domaines [et] doit se concentrer sur le fonctionnement du marché intérieur et une dizaine de politiques prioritaires (agriculture, énergie, commerce...). Tout le reste doit être rendu à la souveraineté des Etats."

Quid de cette configuration alors que le Royaume-Uni vote le 23 juin pour une éventuelle sortie de l'UE, le fameux "Brexit" ? Nicolas Sarkozy voit dans ce débat "une opportunité pour refonder l'Europe". Et pour tacler son opposant, François Hollande :

"Je regrette que François Hollande n'ait pas fait de propositions en amont. Pourquoi attendre que la vaisselle soit cassée pour la réparer ?"

Avant de revenir sur la crise des réfugiés et l'accord de l'Europe avec la Turquie, afin de "déplorer l'effacement de M. Hollande" :

"Quand Barack Obama vient en Europe, il rencontre la chancelière en Allemagne, après s'être arrêté au Royaume-Uni. La France a-t-elle disparu de la carte diplomatique ? Quelle humiliation !"

Et c'est dans cet "effacement", aussi bien de François Hollande que de l'UMP, que Nicolas Sarkozy trouve la justification de son retour :

"Une des raisons pour lesquelles je suis revenu dans la vie politique, c'était qu'après l'affrontement Fillon-Copé, la voix de l'opposition était atone, ce qui laissait au Front national un monopole face à la politique deFrançois Hollande."

Le président de Les Républicains souligne ainsi "la situation très préoccupante en Autriche", où l'extrême droite pourrait remporter l'élection présidentielle du 22 mai prochain. "Ce qui se passe en Autriche pourrait arriver en France", prévient-il. Avant de conclure sur l'UE :

"Européen je suis, européen je reste. L'Europe est un acquis et une chance. Certes, l'Europe actuelle n'est pas celle que nous voulons ; c'est bien pourquoi il faut la refonder. [...] Et cela passera par un traité dont la France doit être à l'initiative, dès l'été 2017."

Voilà qui ressemble à une priorité présidentielle dans le programme d'une personne qui n'a toujours pas annoncé sa candidature...

tempsreel.nouvelobs.com

Publié dans Interwiew

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