Protéger la France et les Français

Publié le par La rédaction

Protéger la France et les Français

Guerre en Syrie, déstabilisation de la Libye, Tunisie fragilisée, terrorisme djihadiste, tensions entre l’Ukraine et la Russie, explosion migratoire sans précédent, crise financière, mise en cause de l’Union européenne par le Royaume Uni, … Depuis la fin de la guerre froide, la France et l’Europe n’ont jamais eu à faire face à un tel monde instable, de telles menaces dont les attentats terroristes meurtriers, en janvier et novembre 2015 dans notre pays, ont constitué un point d’orgue.

« Ce n’est pas le monde dont nous avions rêvé, mais c’est le monde qui se trouve devant nous », constate Nicolas Sarkozy évoquant à l’occasion, ce mardi, d’une matinée de travail consacrée à la Défense, « une «situation d’une gravité assez exceptionnelle ». Et la nécessité pour notre famille de tenir compte dans son projet politique de cette évolution de la menace pour protéger la France et les Français.

Cette situation d’une gravité assez exceptionnelle est aux yeux de Nicolas Sarkozy « la conséquence d’une erreur », celle des années 90 où l’Europe (de la paix) pensait être à l’abri de toute menace stratégique. « Le nouvel ordre mondial, issu de ces années, a été remplacé par un désordre mondial, par des menaces protéiformes qui sont, aujourd’hui, d’une intensité, d’une simultanéité et d’une diversité sans précédent », constate-t-il. Une erreur qui a également conduit les pays européens à baisser leur vigilance financière, matérielle et humaine en matière de Défense. Jusqu’aux récents évènements mondiaux qui ont conduit de très nombreux pays à augmenter de façon pérenne leurs budgets de Défense, ce qui n’est pas le cas de la France.

Une réalité qui se traduit dans les faits puisqu’en 1990 la France consacrait l’équivalent de 39 milliards d’euros pour sa Défense (2,86% de son PIB) contre 32 milliards en 2016 (et ce malgré la hausse de cette année 2016 après trois années de diminution de budgets et d’effectifs). Soit 2 milliards de moins que l’Allemagne qui consacre 34 milliards d’euros à sa Défense.

« C’est un chiffre masqué, un chiffre caché qui en dit long sur l’absence d’ambition du gouvernement français. Est-ce que la France, avec un statut de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU, possédant l’arme atomique, avec un niveau d’engagement militaire qui n’est pas comparable avec celui de l’Allemagne, peut avoir un budget inférieur à celui de l’Allemagne », interroge Nicolas Sarkozy pour qui, si la situation perdurait, conduirait à un « risque de décrochage de la France ».

Ciblant une « vision et une gestion erratiques » de François Hollande et de son gouvernement en matière de Défense depuis 2012, le président Nicolas Sarkozy n’entrevoit pas ce scénario grâce à l’alternance de 2017. Le président de notre mouvement prévoit en effet « un effort sans précédent » dans le projet socle de notre famille politique pour permettre à nos armées d’assurer leurs missions, de préparer l’avenir. « Nous pensons que la nation doit consentir un effort renouvelé à l’endroit de l’armée », estime Nicolas Sarkozy qui souhaite également sortir les trois armées de la « situation d’embolie financière gravissime » dans lesquelles elles sont. « Si les opérations militaires sont menées avec un grand professionnalisme, les contraintes sur les troupes et les matériels font peser des risques sans précédent », note Nicolas Sarkozy.

L’effort qu’il ambitionne au nom de notre famille politique se traduira concrètement par un objectif financier précis : retrouver puis dépasser le niveau de 1990 en consacrant 1,85% du PIB dès 2018, soit 32 milliards d’euros ( hors pensions militaires) puis 41 milliards en 2022 (hors pensions militaires) et 45 milliards en 2025 (hors pensions militaires), soit 2% du PIB.

« C’est cela ou le déclassement de la France. On ne peut pas dire aux Français qu’ils sont menacés et ne pas prendre de tels engagements », commente le président des Républicains.

Souhaitant que, dès 2018, les lois de programmation militaire (PLM) qui définissent les budgets alloués aux armées courent le temps d’un quinquennat et non à cheval sur deux quinquennat afin d’être « comptables de nos engagements vis à vis des militaires et des citoyens », Nicolas Sarkozy a programmé également, au nom de notre famille politique, une « révision stratégique » dès 2017. Et il a rappelé, comme précisé lors de la convention sur la fiscalité et le budget de l’Etat, que les ministères de l’Intérieur et de la Défense seraient exonérés de tout effort de réduction militaire afin d’assurer leurs missions.

Et justement, à propos de missions, Nicolas Sarkozy s’est interrogé sur le rôle de l’armée (déjà concernée par le plan Vigipirate) mobilisée par l’opération Sentinelle décidée par le président de la République au lendemain des attentats de janvier 2015.

Une interrogation que le général d’armée (2s) Jean-Marie Faugère avait déjà posée dans la matinée lors d’une table ronde. « Il est normal que l’armée intervienne au lendemain des attentats pour rassurer et défendre la population mais pérenniser cette opération n’a plus de sens militaire. Les aviateurs et les marins n’ont rien à faire dans Vigipirate. C’est une situation perverse », remarquait Jean-Marie Faugère réclamant que l’armée « s’entraîne et se recentre sur ses missions essentielles ».

« L’opération Sentinelle ce sont 10 000 homme déployés sur le territoire national. Cela revient à rendre 70% de l’armée inutilisable en opérations extérieures. Nos soldats ne sont pas adaptés pour faire des opérations de police. L’armée c’est l’armée et l’armée ne fait pas la police. Les soldats sont là pour défendre les intérêts stratégiques de la France. Dans un état de droit on utilise chaque force pour ce qu’elle est censée faire. Cette situation est insoutenable », considère Nicolas Sarkozy qui souhaite aussi « repenser nos interventions à l’extérieur de nos frontières et leurs financements. Ces opérations extérieures, estime Nicolas Sarkozy, ne peuvent pas être les réponses uniques et solitaires de la France à toutes les crises internationales. Et notre engagement ne peut être indéfini », considère-t-il, prenant appui sur notre présence –prolongée au Mali qui mobilise 3 000 hommes sur un territoire trois fois plus grand que la France métropolitaine. « Sommes-nous le seul pays intéressé par la stabilité du Mali ? Ne sommes-nous plus en mesure de rassembler une coalition autour de nous comme nous l’avions fait en Libye, en 2011 », questionne Nicolas Sarkozy préférant des « opérations extérieures de guerre limitées dans le temps ».

Privilégiant des « actions concertées » avec nos alliés, Nicolas Sarkozy pense également à l’usure provoquée sur le matériel qui le rend rapidement vétuste. « La France consomme son capital militaire qui, au rythme actuel, sera menacé d’extinction à l’horizon 2020 », redoute Nicolas Sarkozy.

Sur la dissuasion nucléaire, notre famille politique reste fidèle à ses valeurs et convictions portées depuis le général de Gaulle. Et dans cette ligne, Nicolas Sarkozy lève toute ambigüité.

« La France est le seul pays européen qui dispose d’une dissuasion nucléaire autonome. Elle est un fondement de notre sécurité collective, de notre indépendance nationale et légitime notre place au Conseil de sécurité de l’ONU. Je n’accepterai jamais que l’on refuse le feu nucléaire au service de la France. Il ne peut y avoir d’ambigüité : supprimer la composante nucléaire c’est déclasser la France », assure Nicolas Sarkozy précisant que les deux dissuasions nucléaires (sous-marine et aéroportée) doivent être gardées parce qu’elles « correspondent à des orientations stratégiques qui ne sont pas les mêmes ». 2 milliards d’euros annuels supplémentaires seront d’ailleurs alloués, dès 2021, à la modernisation de notre dissuasion nucléaire.

Evoquant le lien entre l’armée et la Nation, Nicolas Sarkozy s’est attardé sur notre lien avec le monde des anciens combattants mais également sur le rôle que pourrait jouer l’armée auprès des jeunes décrocheurs.

« La reconnaissance de la nation envers les combattants est un devoir sacré », apprécie Nicolas Sarkozy qui a rappelé l’attachement de notre famille politique à l’existence d’un Secrétariat d’Etat aux Anciens combattants qui prenne également en compte les combattants de la nouvelle génération. Il a également annoncé l’augmentation du point de retraite des anciens combattants qui n’a pas été réévalué depuis 2012.

Pour maintenir le lien entre l’armée et la nation, Nicolas Sarkozy propose aussi, au nom des Républicains, l’extension du service militaire adapté en métropole, tel qu’il existe en Outre-mer « avec une réussite remarquable ». Il concernerait 50 à 60 000 des 100 000 jeunes décrocheurs annuels de plus de 18 ans qui seraient encadrés par des militaires « en raison de leurs compétences reconnues pour la formation et l’encadrement des jeunes, l’apprentissage de la citoyenneté et le rapport aux valeurs de la République ».

« Le jour de leurs 18 ans, ceux qui n’ont pas d’emploi ou qui ne suivent pas de formation devront effectuer un service militaire adapté obligatoire d’un an. Ils pourront apprendre les règles de vie en commun, éventuellement passer leur permis de conduire, apprendre une langue », détaille Nicolas Sarkozy, précisant que le budget sera prélevé non sur celui de la Défense mais sur celui de l’Education nationale

Enfin, sur l’Europe de la Défense, Nicolas Sarkozy plaide pour des coopérations entre pays, pour la poursuite des échanges sur l’Europe de l’armement dans le cadre d’un "G3 de l’armement" entre la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Mais il considère avant tout que « ce sont les Français qui doivent d’abord défendre la France. On ne délègue pas sa sécurité », insiste Nicolas Sarkozy, soulignant que l’ensemble des propositions présentées lors de cette matinée de travail sont celles des Républicains, « l’engagement politique de toute une famille » avant l’alternance de mai et juin 2017.

republicains.fr

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