Nicolas Sarkozy à Belfort : « Nicolas, président ! »

Publié le par La rédaction

Photo Christine DUMAS

Photo Christine DUMAS

L’espace culture du Centre Leclerc local est trop petit pour accueillir les 600 personnes qui ont commencé à se former en une longue file depuis le début de l’après-midi. A 17 h, la clameur le précède. « Nicolas, président ! » Le ton est donné. Le même que celui de la présentation, vendredi soir à Belfort, du comité de soutien à sa candidature aux primaires. Même si - il l’a encore dit ce week-end sur TF1 - il « n’a pas pris » sa décision…

Damien Meslot, le maire de Belfort, qui fait partie de la douzaine de personnes chargées de l’organisation des primaires de la droite et du centre au niveau national, louvoie. Il ne soutient personne pour le moment. Et, donc, pas Nicolas Sarkozy : « Je ne peux pas soutenir quelqu’un qui n’est pas candidat » glisse-t-il d’un air malicieux.

Les militants, eux, ont compris du dernier plateau télévisé de l’ancien président, qu’il sera en lice pour 2017. « Il va laisser passer l’été et va se lancer en septembre. Il ne faut pas partir trop tôt, cela expose », confie, d’un air entendu, un encarté LR qui patiente dans la file d’attente.

Nicolas Sarkozy, lui, prend place derrière une table au fond de la librairie de la galerie marchande. Il ne l’a pas fait exprès, mais on ne peut que remarquer les livres mis en évidence dans les rayons qui l’entourent : « Les coulisses de la sélection » au sujet de l’équipe de France de football, jouxte un ouvrage sur le billard à trois bandes. La section « développement personnel » derrière lui est dominé par « Osez » et « Tout va mal, je vais bien ». A sa gauche, les livres culinaires donnent le ton : « Petits plats de nos régions », « Je deviens chef » et « Les meilleures recettes ». Tiens, justement, y-a-t-il une recette pour gagner une élection ? Il sourit : « Ah, si je la connaissais la recette… » Et puis, pensif : « Peut-être la capacité à encaisser… ».

L’évocation du tout dernier sondage Viavoice-Libération, qui indique que 72 % des Français ne souhaitent pas qu’il se présente en 2017, le crispe immédiatement. Il encaisse, visiblement. « Il y a des gens qui ont de l’argent à perdre avec des sondages qui ne veulent rien dire… ». Damien Meslot, lui, se fait historien : « Lorsqu’il s’était présenté à l’élection présidentielle de 1995, Jacques Chirac ne faisait que 12 % dans les sondages ».

Carburant au café et aux chouquettes, l’ancien président de la République enchaîne les signatures. Il est en terrain conquis. Le public, massé derrière des téléphones portables en mode prise de vues, fait le tour du bureau pour se faire prendre en photo à ses côtés. La plupart de ses supporters lui demandent se présenter à la présidentielle. « Le jour où je prendrai une décision, je viendrai à Belfort le dire », promet-il. Une dame, qui veut absolument qu’il brigue à nouveau l’Elysée, se fait insistante. Il laisse passer une seconde tandis qu’elle reprend son livre : « Je l’écoute attentivement… surtout avec son regard noir. On peut avoir des ennuis avec elle », glisse-t-il, l’air de rien.

Philippe PIOT

vosgesmatin.fr

Publié dans Dédicace

Commenter cet article