Hollande-Sarkozy, le match des résultats économiques à 48 mois de leurs quinquennats

Publié le par La rédaction

Hollande, Sarkozy le match des résultats économiques

Hollande, Sarkozy le match des résultats économiques

François Hollande et Nicolas Sarkozy : deux Présidents, 48 mois d’exercice et des chiffres à comparer pour un match économique basé sur leurs performances relatives par rapport aux partenaires européens.

Alors que ce début de mois de mai est l'occasion de "fêter" les anniversaires des diverses élections présidentielles du pays, il s'agit également d'un moment propice pour confronter les bilans des uns et des autres au travers d'un exercice de comparaison. La question brûlante, à une année de l'échéance électorale de 2017, concerne le duel économique entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si cette question est le plus souvent abordée en analysant les résultats de l'un par rapport à l'autre, il existe un autre moyen, plus juste, de répondre à cette épineuse question.

Car si les deux Présidents n'ont pas eu à faire face au même contexte économique, il convient dès lors de comparer les résultats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande à périmètre comparable, c’est-à-dire en mesurant leurs résultats à l'aune de ceux de la zone euro prise dans son ensemble. L'idée de la comparaison correspond donc au slogan "L'important au poker, ce ne sont pas les cartes, c'est ce que vous en faites". Reste à savoir ce que les deux têtes de l'exécutif ont fait des cartes qui leur ont été distribuées.

Le sentiment économique

Le premier élément "neutre" permettant d'établir une comparaison entre les deux personnalités politiques est de mesurer l'état de confiance des acteurs économiques dans le pays. En utilisant les données fournies par l'Institut Markit, au travers de son enquête mensuelle "PMI", il devient possible de mesurer l'écart de confiance existant entre la France et la zone euro, sous les deux mandats présidentiels.

Au bout de 48 mois de présidence Nicolas Sarkozy, la France cumulait un avantage de 93 points de "confiance" par rapport à la zone euro. A l'inverse, le déficit de confiance de la France "hollandiste" par rapport à ses partenaires européens atteint -130 points.

Le capital confiance relatif, accumulé au sein de l'économie française sous la présidence de Nicolas Sarkozy, s'est intégralement dissipé sous François Hollande. Ce dernier parvient même à creuser encore cet écart en territoire négatif, au cours de ces derniers mois. Un résultat qui va faire tache d'huile sur les autres indicateurs.

Le chômage

Si François Hollande aime répéter que le pays va mieux, ce qui n'est pas faux, il est par contre beaucoup plus hasardeux de se lancer dans une comparaison européenne. En effet, alors que Nicolas Sarkozy avait débuté son mandat avec un pays affichant un taux de chômage supérieur à celui de la zone euro, la fin du quinquennat a été plus favorable à la France, en termes relatifs.

Ainsi, le chômage européen s'est envolé de 3,7 points entre mai 2007 et avril 2012, pendant que le chômage français augmentait de 1,6 point. L'avantage à mettre au crédit de la France atteint 2,1 points de taux de chômage. Si François Hollande peut prétendre avoir fait "mieux" que son prédécesseur avec une progression du taux de chômage de 0,3 point, il est par contre plus délicat de se rendre compte qu'au même moment, le taux de chômage de la zone euro baissait de 1 point, soit un décalage de 1,3 point en défaveur de la période mai 2012 - avril 2016. Encore une fois, en prenant en compte les membres de la zone euro en guise de référence, le résultat est donc à nouveau en faveur de Nicolas Sarkozy. La France fait mieux que la zone euro entre 2007 et 2012, mais moins bien qu'elle entre 2012 et 2015.

Déficits et dettes

Ici encore, si le point commun entre les deux Présidents est une dégradation générale des comptes publics, l'ampleur de celle-ci dépend avant tout du contexte économique du moment, c’est-à-dire de la conjoncture. Afin de comparer Nicolas Sarkozy et François Hollande, il est alors indispensable de mesurer leurs performances par rapport aux autres membres de la zone euro, seule méthode à même de permettre une comparaison équitable entre les deux politiques économiques.

Concernant les déficits, le résultat cumulé est négatif pour les deux Présidents, puisque chaque année comprise entre 2007 et 2015 révèle un déficit français supérieur à celui de l'ensemble de la zone euro.

Bref. Pas de quoi pavoiser. Cependant, et encore une fois, les résultats de François Hollande s'avèrent encore moins bons que ceux de Nicolas Sarkozy, alors que ceux-ci n'étaient pourtant pas flamboyants. En moyenne, la France de Nicolas Sarkozy a affiché un déficit moyen supérieur de 1,06 point de PIB par année par rapport à ses partenaires européens, alors que la France de François Hollande propose une sous-performance déficitaire moyenne de 1,22 point par année.

Concernant la dette, le résultat est assez logiquement dans la même veine. Entre 2007 et 2015, la dette française est passée de 64,4% du PIB à 95,8%, soit une progression de 31,4 points.

Mais si Nicolas Sarkozy doit en assumer la plus grande part, le résultat comparatif reste à son avantage. En effet, alors que la dette française progresse de 23 points entre 2007 et la mi-2012, le résultat est de 22,75 au sein de la zone euro. Ces années ont donc vu une progression identique de la dette entre France et zone euro. A l'inverse, le résultat est à la défaveur de François Hollande, car lorsque la dette augmente de 1,4 point au sein de la zone euro, celle-ci progresse de 8,4 points en France entre la mi-2012 et la fin 2015. Soit six fois plus.

Ainsi, au regard de l'ensemble de ces éléments, il convient de conclure que les deux bilans économiques ont été, pour le moins, négatifs. Il n'en reste pas moins qu'à périmètre comparable, le bilan des années 2007/2012 est bien favorable à la France par rapport au reste de la zone euro, alors que le bilan des années 2012-2015 est largement défavorable à la France.

En guise de conclusion, il n'est pas inutile de rappeler que les meilleures performances de la zone euro prise dans son ensemble depuis 2012 doivent beaucoup à l'arrivée de Mario Draghi à la tête de la BCE. L'ironie de l'histoire, pour Nicolas Sarkozy, est qu'il a été un soutien important de la candidature de Mario Draghi à la tête de l'institution monétaire européenne : ​"Nous ne le soutenons pas parce qu'il est italien, nous le soutenons parce que c'est un homme de qualité".

atlantico.fr

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