ENTERRER NICOLAS EST UNE ERREUR

Publié le par Nelly

ENTERRER NICOLAS EST UNE ERREUR

UN GRAND MERCI A MON AMIE S M N ............. QUI M AS envoyé cet écrit .

ENTERRER NICOLAS EST UNE ERREUR

Cet article du Figaro va faire plaisir à beaucoup (Sylvana Farago en particulier)

FIGAROVOX/ANALYSE
Pour Thomas Guénolé, Nicolas Sarkozy est loin d'avoir dit son dernier mot dans la course à la présidentielle. Si l'ancien président est largement distancé par Alain Juppé auprès des électeurs de la gauche et du centre, il demeure majoritaire à droite.

Thomas Guénolé est politologue et maître de conférence à Sciences Po, docteur en sciences politiques (Sciences Po - CEVIPOF). Il est l'auteur de Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants?

De plus en plus de politiques, de journalistes et d'éditorialistes semblent considérer que ‘‘c'est cuit'' pour Nicolas Sarkozy. Partagez-vous cette analyse?

Thomas Guénolé: Non. Le récent sondage Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde sur la primaire à droite est à cet égard très éclairant. Comme tous les sondages en vue de cette compétition depuis qu'ils existent, il nous dit que Nicolas Sarkozy sera qualifié au second tour, très largement devant le troisième. Je n'appelle pas cela être ‘‘cuit''.
Mais ce sondage nous dit aussi qu'au premier tour de la primaire, Juppé est à 42% et Sarkozy à 26. C'est un gros écart, non?
C'est vrai. Cependant ce sondage nous dit aussi ceci: parmi les sondés qui comptent voter à la primaire, c'est chez les électeurs de gauche et du MoDem qu'Alain Juppé fait un tabac, avec respectivement 65 et 71% de leurs intentions de vote. A contrario, chez les électeurs de droite Alain Juppé est légèrement derrière Nicolas Sarkozy: respectivement 35 et 39% de leurs intentions de vote. En d'autres termes, le moteur de l'avance d'Alain Juppé sur Nicolas Sarkozy, ce sont les électeurs les moins susceptibles d'aller au bout en se déplaçant pour aller voter.
Alain Juppé n'a des intentions de vote élevées à cette primaire que comme homme de paille pour voter contre Nicolas Sarkozy. Sans cette explication, il serait incompréhensible que des électeurs de gauche, et sains d'esprit, veuillent voter pour un militant obsessionnel des coupes sombres dans les remboursements de l'assurance-maladie.

Ne peut-on pas imaginer que des électeurs de gauche et du centre iront voter pour Alain Juppé à la primaire, uniquement pour faire barrage à Nicolas Sarkozy?

Si. J'irais même plus loin: Alain Juppé n'a des intentions de vote élevées à cette primaire que comme homme de paille pour voter contre Nicolas Sarkozy. Sans cette explication, il serait incompréhensible que des électeurs de gauche, et sains d'esprit, veuillent voter pour un militant obsessionnel des coupes sombres dans les remboursements de l'assurance-maladie.
En revanche, si Nicolas Sarkozy n'était pas là comme épouvantail, je suis convaincu que les mêmes électeurs de gauche porteraient sur Alain Juppé un regard plus froid: car sa doctrine de politique économique et sociale se résume à une austérité beaucoup plus violente que celle de l'actuel gouvernement.

Vous aviez alerté chez FigaroVox sur les ‘‘sondages bidon'' concernant cette primaire. Celui-ci est-il fiable?

Oui. C'est d'ailleurs remarquable. D'ordinaire, les sondages sur la primaire à droite ne valent rien. Ils portent sur 1000 sondés, dont au mieux 300 de droite et du centre, dont 150 à 200 disent qu'ils iront voter à la primaire. Cela donne donc un échantillon de 150-200 personnes, c'est-à-dire un sondage aux marges d'erreur tellement gigantesques qu'il devrait partir directement à la poubelle. Le sondage Ipsos dévoilé le 30 mars, au contraire, porte sur un échantillon de départ énorme ; supérieur à 20 000 sondés. La mesure des intentions de vote qui en découle est donc statistiquement fiable.

Quelles sont les différences idéologiques réelles et substantielles entre les deux hommes?

A ce stade, si l'on lit leurs livres récents respectifs, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont des différences sur les postures et les slogans, mais sur le fond ce sont globalement les mêmes. Les deux proposent une politique d'austérité budgétaire beaucoup, beaucoup plus violente que celle de la gauche, qui supposerait d'amputer nos dépenses de protection sociale de plus de 10%. Les deux sont pour la baisse des impôts directs et pour augmenter la TVA, qui frappe pourtant beaucoup plus durement les pauvres à proportion de leur revenu. Les deux veulent moins de services publics et moins de fonctionnaires. Les deux veulent durcir les conditions d'immigration en France. Les deux proposent davantage de tout-carcéral en matière de politique pénale. Les deux sont pour la ligne diplomatique d'alignement complet de la France sur les Etats-Unis, notamment au sein de l'OTAN. Le reste est à l'avenant.
Donc, d'aucuns peuvent vouloir - désespérément - s'imaginer le méchant Nicolas Sarkozy et le gentil Alain Juppé: mais sur le fond de leurs propositions concrètes, c'est blanc bonnet et bonnet blanc.

Vous dites que Nicolas Sarkozy n'est absolument pas ‘‘cuit'' pour la primaire. Peut-on au moins considérer qu'il est en fâcheuse posture?

Rationnellement, non. Il dirige le parti de son camp. Tous les sondages concernant cette primaire le donnent qualifié pour le second tour. Et il est légèrement en tête des intentions de vote du socle électoral de droite. Donc, tout ce qu'on peut dire objectivement, c'est que Nicolas Sarkozy a perdu son hégémonie d'hier à droite, pour devenir au lieu de cela le seul vrai challenger du favori Alain Juppé. C'est une rétrogradation, certes ; mais de là à parler de déconfiture ou d'effondrement, ce serait une conclusion abusive. Bref, observer que Nicolas Sarkozy a perdu son leadership est exact ; mais enterrer Nicolas Sarkozy est une erreur d'analyse.

Les affaires peuvent-elles plomber Nicolas Sarkozy avant - ou pendant - la primaire?

Uniquement s'il est condamné en justice, ou si une preuve surgit dans le débat public que lui-même, personnellement, a fait quelque chose d'illégal et de très grave. Tout le reste - mises en examen, gardes à vue… - est surmontable grâce à sa théorie du complot ‘‘les-juges-rouges-veulent-m'abattre''. Vu que la très large majorité des électeurs de droite croient que la plupart des juges sont de gauche et que ceux qui mettent en cause Nicolas Sarkozy le font par militantisme, cette théorie du complot fonctionne plutôt bien sur ce socle électoral.

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