Mise en examen de Sarkozy : « peu d’impact sur le choix des électeurs »

Publié le par Nelly

Mise en examen de Sarkozy : « peu d’impact sur le choix des électeurs »

Mis en examen dans l’affaire des écoutes téléphoniques, validées mardi 22 mars 2016 par la Cour de cassation, Nicolas Sarkozy, déjà mis en examen pour le dépassement de ses dépenses de campagne, risque un procès alors que sa candidature à la primaire présidentielle est attendue. Trois questions à Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop

Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, répond aux questions de la presse. / Martin Bureau/AFP

Dans quelle mesure cette nouvelle mise en examen handicape-t-elle une candidature de Nicolas Sarkozy ?

Frédéric Dabi : Le feuilleton judiciaire s’impose à son agenda et crée une incertitude sur la date de sa déclaration de candidature. Mais il convient de rester mesuré quant à ses conséquences politiques. Les affaires judiciaires d’un candidat n’impactent pas vraiment le choix des électeurs.

Dans les enquêtes, les critères d’évaluation d’un candidat à la présidence de la République par les sympathisants de droite sont d’abord l’autorité et le courage, c’est-à-dire la capacité à réformer sans reculer face aux manifestations ou aux corps intermédiaires. L’honnêteté est une qualité importante mais qui n’arrive pas en tête.

On l’a déjà vu à l’élection présidentielle de 2002 : le climat des affaires n’a pas fait considérablement bouger les lignes au détriment de Jacques Chirac, candidat à sa réélection, malgré le surnom de « Supermenteur » attribué par Les Guignols de l’info.

Qu’est-ce qui, chez les sympathisants de droite, pourrait définitivement plomber une candidature de Nicolas Sarkozy ?

Frédéric Dabi : Dans une primaire, les sondages sont très importants. Nicolas Sarkozy se trouve fragilisé par la validation des écoutes : contrairement à l’affaire Bettencourt, celle-ci n’a pas « fait pschitt », pour reprendre l’expression chiraquienne.

Le levier majeur d’Alain Juppé est d’ailleurs d’apparaître comme celui qui est le mieux placé pour débarrasser la France de François Hollande, ce qui constitue la principale motivation des sympathisants de droite.

Le danger pour Nicolas Sarkozy serait que la mauvaise petite musique des affaires distille progressivement le doute qu’il soit effectivement candidat en 2017.

Les affaires politico-judiciaires, avec parmi les deux favoris l’un mis en examen et l’autre condamné, peuvent-elles être au cœur de la campagne ?

Frédéric Dabi : Les affaires ne vont pas peser directement. Tous les candidats ont intérêt à suivre le code de bonne conduite entre eux car ils savent bien que le cauchemar des électeurs de droite c’est la guerre interne. Ils ne veulent pas d’une campagne « dégueulasse », comme Charles Pasqua avait qualifié l’affrontement entre Jacques Chirac et Édouard Balladur en 1995.

Les programmes – notamment sur l’économie – n’étant pas si éloignés, certains candidats comme François Fillon, Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet peuvent toutefois être tentés de se distinguer positivement sur ce terrain. Mais je n’imagine pas que cela devienne un thème central de la primaire.

En ce qui concerne Alain Juppé, les Français ont le sentiment qu’il n’a pas été sanctionné mais qu’il a payé pour un autre, dans une posture sacrificielle. De fait, c’était en 2004 et il apparaît à beaucoup de gens comme un homme neuf.

RECUEILLI PAR LAURENT DE BOISSIEUhttp://www.la-croix.com/France/Politique/Mise-examen-Sarkozy-impact-choix-electeurs-2016-03-22-1200748398

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