Attentats de Bruxelles : ce que propose l'opposition pour renforcer l'arsenal sécuritaire

Publié le par Nelly

Attentats de Bruxelles : ce que propose l'opposition pour renforcer l'arsenal sécuritaire

Attentats de Bruxelles : ce que propose l'opposition pour renforcer l'arsenal sécuritaire

LE SCAN POLITIQUE - Internement des «fichés S», fermeture des frontières, renforcement des moyens de police... Après les attentats de Bruxelles, comme lors des attaques de janvier et novembre 2015, la droite réclame un durcissement du dispositif contre le terrorisme islamiste.

Mise hors état de nuire des individus fichés S

C'est l'un des chevaux de bataille de Laurent Wauquiez depuis le 13 novembre: «Je demande à nouveau l'internement des individus fichés S et de ceux qui reviennent du djihad. Il faut les empêcher de passer à l'acte», a réclamé sur Twitter le président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. Le député Les Républicains Christian Jacob demande quant à luil'assignation à résidence des fichés S. En l'état, la fiche S (pour atteinte à la sûreté de l'Etat) n'entraîne aucune action coercitive, il s'agit d'un document de surveillance qui n'a qu'un rôle d'alerte, sans valeur judiciaire. Saisi par le gouvernement sur cette question, le conseil d'État s'était prononcé contre la rétention des fichés S dans des centres, laissant ouverte la voie à d'éventuelles assignations à résidence «préventives».

Traitement des individus de retour du djihad

Sans mentionner la fiche S, Eric Ciotti s'est prononcé, comme Laurent Wauquiez, en faveur d'une forme de détention pour les individus de retour de Syrie. «Il y a de plus en plus de retours de Syrie, il faut enfermer ceux qui rentrent dans des centres de rétention», préconise le monsieur sécurité du parti Les Républicains. Nicolas Dupont-Aigan propose quant à lui «d'assigner immédiatement à résidence en territoire éloigné les 250 djihadistes de retour sur notre sol et de seule nationalité française». Pour l'heure, les individus de retour de Syrie et d'Irak sont soit incarcérés, soit placés sous contrôle judiciaire (assignation à résidence, bracelet électronique…). Le gouvernement a également annoncé la création de «structures de déradicalisation», dont certaines seront en milieu fermé.

Perpétuité effective pour les terroristes

Lors de la séance de questions au gouvernement de mardi à l'Assemblée, Nathalie Kosciusko-Morizet a interpellé le premier ministre sur la punition réservée aux terroristes: «Accepterez vous d'instaurer une perpétuité effective et irrévocable, c'est-à-dire sans possibilité de mettre fin à la période de sûreté perpétuelle, pour les auteurs d'actes de terrorisme?», a questionné la députée de l'Essonne, qui a remarqué que la législation actuelle permettrait à Salah Abdeslam de «demander un aménagement de peine alors qu'il n'aura pas encore 50 ans». En réponse, Manuel Valls n'a montré aucune hostilité à un durcissement de la législation. «Nous n'avons aucun problème à examiner toutes les mesures qui soient efficaces, dans le cadre de notre Etat de droit, dans le respect évidemment de nos valeurs», a-t-il déclaré.

● Fermeture et contrôle des frontières

C'était déjà l'un des thèmes de prédilection du Front National avant les attentats de Bruxelles et Paris. Sans surprise, c'est la revendication majeure de la présidente du FN, Marine Le Pen, qui déclare ce mardi dans un communiqué: «Il est impératif de procéder à la fermeture immédiate de la frontière franco-belge, fermeture réelle et non pas fictive comme depuis plusieurs semaines, et au rétablissement de contrôles sur l'ensemble des frontières nationales de notre pays». Le Républicain Eric Ciotti prône une ligne différente: sans fermer la porte à un contrôle des frontières nationales, le député insiste surtout sur les frontières de l'Europe, avec le traité de Schengen en ligne de mire: «Alors que terroristes rentrent par les flux de migrants, il faut des contrôles aux frontières extérieures de l'Europe», a-t-il martelé sur RMC.

● Restructuration des services de renseignement et de police

Les attentats parisiens ont ouvert le débat sur les failles du renseignement et les moyens de la police. Eric Ciotti appelle donc de ses voeux la création «d'une grande agence de renseignement, comme avait commencé à le faire Nicolas Sarkozy». C'est pourtant de la fusion des Renseignement Généraux et de la Direction de la surveillance du territoire en 2008 qu'ont résulté, selon plusieurs experts, les défaillances des renseignements.

L'organisation et les moyens des services de police et de gendarmerie sont également remis en question par la droite. Le gouvernement a déjà renforcé l'équipement en armes lourdes des brigades anti-criminalité (BAC), mais cette mesure ne suffit pas à l'opposition. Nicolas Dupont-Aignan propose donc de réaffecter à des tâches opérationnelles les personnels administratifs des forces de l'ordre, qui seraient remplacés par des civils. Les unités d'intervention doivent également faire l'objet d'une réforme, selon Eric Ciotti, qui demande «une unité à la tête des services du RAID et de la BRI».

● Fermeture des lieux de prêches radicaux

C'est une mesure réclamée depuis longtemps par la droite. En juin 2015, le député LR Frédéric Lefebvre réclamait déjà la fermeture des «25 salles de prière identifiées par nos services en Île-de-France, 22 dans la région lyonnaise et 13 à Marseille qui sont tombées aux mains de prédicateurs salafistes et extrémistes». Entre temps, au lendemain des attentats de novembre, le ministère de l'Intérieur a procédé à la fermeture de 10 mosquées. Ce mardi, Frédéric Lefebvre veut aller plus loin et réclame que «la fermeture des lieux de prêches radicaux [se fasse] de manière coordonnée et immédiate avec la Belgique».http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/decryptages/2016/03/22/25003-20160322ARTFIG00227-attentats-de-bruxelles-ce-que-propose-l-opposition-pour-renforcer-l-arsenal-securitaire.php

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