Nicolas Sarkozy veut un "plan Marshall pour la ruralité"

Publié le par Nelly

Nicolas Sarkozy veut un "plan Marshall pour la ruralité"

Le président du parti Les Républicains regrette l’abandon d’une identité française et de la première filière industrielle de l’Hexagone.

La crise agricole a pris une tournure politique ce mercredi avec notamment une intervention du président des Républicains Nicolas Sarkozy alors que les actions d’agriculteurs en colère se poursuivent et que la FNSEA dit vouloir limiter les débordements. « L’agriculture n’est que la variable d’ajustement d’accords politiciens avec une écologie politicienne au service d’intérêts politiciens par un président politicien », a déclaré Nicolas Sarkozy en conclusion d’un discours de 45 minutes et d’une matinée de travail au siège du parti sur le « drame » que vit le monde agricole.

Le chef des Républicains a défendu un « plan Marshall » pour revitaliser laFrancerurale, chiffré « aux alentours de 10 milliards d’euros », et a bâti sur un « principe de parité : un euro investi dans la ville doit correspondre à un euro investi dans nos campagnes ». L’ancien président souhaite aussi « le lissage fiscal des pertes comme des bénéfices des exploitations agricoles » sur cinq ans et la « sanctuarisation de la politique agricole commune ».

Les autres candidats déclarés ou putatifs à la primaire de la droite sont aussi engagés sur ce terrain convoité par le Front national : Alain Juppé est mercredi en Ille-et-Vilaine, Bruno Le Maire comme François Fillon en appellent à François Hollande et Jean-François Copé a publié mardi des propositions… Le président (LR) du Sénat Gérard Larcher et le député LR Laurent Wauquiez avaient pour leur part dénoncé la gestion de la crise agricole par le gouvernement, Gérard Larcher estimant que cette « jacquerie » est un « cri d’alarme » tandis que Laurent Wauquiez a dit « comprendre les incidents ».

»Mettre la pression »

Les opérations escargots et les blocages qui étaient menés mardi dans plusieurs régions se sont en effet poursuivis durant la nuit jusqu’à mercredi matin. Dans le Tarn-et-Garonne, entre 50 et 80 manifestants ont passé la nuit à Labastide-Saint-Pierre, près de Montauban, sur une plateforme logistique du distributeur Intermarché, et le blocage était toujours en cours en début d’après-midi pour « mettre la pression » en empêchant l’entrée des camions de livraison. Entre 50 et 100 taxis ont rejoint les agriculteurs en milieu de journée pour « manifester leur solidarité », avant de quitter les lieux vers 15 heures.

Dans le Finistère, une centaine d’agriculteurs a déversé dans la nuit des déchets divers devant la MSA (Mutualité sociale agricole) et le centre départemental Groupama à Landerneau, provoquant également des ralentissements sur la RN12 avec leurs tracteurs, a-t-on appris auprès de la police. Par ailleurs, après les débordements qui ont eu lieu mardi durant une manifestation d’agriculteurs à Saint-Lô, le préfet de la Manche a décidé de porter plainte « contre les auteurs de l’enfoncement des grilles de la préfecture ».

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a assuré mercredi qu’il souhaitait maîtriser les débordements pendant les manifestations d’agriculteurs mais que son syndicat, très majoritaire dans le secteur, n’était pas en mesure d’arrêter ces mouvements qui secouent la France depuis quelques semaines, car il n’y a, selon lui, « aucune réponse ». Dans les manifestations d’agriculteurs, « il y a bien sûr un mouvement syndical qui est entamé et la FNSEA et les JA sont devant, mais il y a aussi des gens complètement exaspérés, en pleine colère, qui n’entendent d’ailleurs plus vraiment les arguments parce que, quand on est dans cette situation, plus rien n’est audible », a indiqué le syndicaliste sur Radio Classique. « Ces mouvements, nous ne les craignons pas, mais nous voulons quand même les maîtriser, car il faut faire très attention à quelques débordements qui, ici ou là, malheureusement peuvent se manifester », a-t-il ajouté.

Les agriculteurs en difficulté manifestent depuis plusieurs semaines pour protester contre la chute des prix de leurs productions, dans le sillage de leur forte mobilisation de l’an dernier. Leur mouvement ne s’est pas apaisé malgré la rallonge de 125 millions d’euros aux 700 millions du plan d’aide aux éleveurs, accordée en janvier par le gouvernement.http://www.lepoint.fr/politique/nicolas-sarkozy-veut-un-plan-marshall-pour-la-ruralite-03-02-2016-2015112_20.php

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