Nicolas Sarkozy avec les agriculteurs en difficultés à Rodez

Publié le par La rédaction

Nicolas Sarkozy avec les agriculteurs en difficultés à Rodez

L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, non officiellement candidat aux primaires des Républicains (LR), part à la rencontre des agriculteurs français. Un électorat qui s'est fortement détourné de la droite aux dernières élections régionales et départementales. Le président de LR met les pieds ce lundi dans un élevage de 600 brebis et 75 hectares situé à mi-distance entre Rodez et Millau, dans l'Aveyron. «C'est important qu'il vienne se rendre compte de nos difficultés, explique Pascal Colin éleveur de 600 brebis. J'en soigne 450 pour le lait que je livre à la société Roquefort propriété de Lactalis. Le reste est destiné à la viande. Je viens de vendre des agneaux et ai perdu 15,5% du kilo de viande. Il est passé à 3,8 euros, déplore l'agriculteur. A-t-on encore besoin de nous pour entretenir la nature notamment en zone de montage», poursuit le paysan dont l'exploitation se situe à plus de 1000 mètres d'altitude.

Parmi les autres interrogations de cet éleveur l'absence de cap clair définit par le gouvernement actuel en matière de politique agricole et de normes. «On ne s'est où ils veulent nous amener. La réglementation change tous les six mois. Quant aux aides de la PAC on attend toujours le solde, ce serait en juin désormais. Nous avons subi la sécheresse cet été et les subventions promises ne viendront pas car les caisses sont vides, nous a-t-on affirmé. En attendant on s'en sort que grâce aux découverts bancaires et aux prêts de trésorerie. Cela commence à coûter».

Autre grief mis en avant par le fermier, la disparition des quotas laitiers en avril dernier. «On a démoli l'interprofession avec le «paquet lait». Avant nous avions un prix du lait de base unique dans tout le département, désormais c'est différent d'un lieu à l'autre et cela monte les exploitants les uns contre les autres», regrette Paul Colin.

Une crise majeure

Après cette visite, Nicolas Sarkozy doit ensuite déjeuner avec des responsables agricoles locaux pour finir avec une séance de dédicaces de son livre dans une librairie de Montpellier. Un ouvrage qui s'est déjà vendu à près de 70.000 exemplaires et dans lequel il fait un mea culpa sur certains épisodes de son quinquennat. Notamment sur celui du désormais célèbre «casse-toi pauv'con» adressé à un visiteur du salon de l'agriculture qui avait refusé de lui serrer la main lors de sa première visite en tant que président de la République en 2008. Cela appartient au passé. «Pour être humaine, ma réaction n'en était pas moins inappropriée», avoue l'auteur. Aujourd'hui il vient ouvertement à leur secours. «Le monde agricole traverse une crise majeure (...), nous avons une obligation morale à l'égard de nos agriculteurs. Ce qui est cause, ce n'est ni plus ni moins l'abandon progressif par l'Etat de millions de Français», explique-t-il.

A l'occasion du retour de Nicolas Sarkozy à la campagne, certains dressent un bilan des bonnes et moins heureuses mesures adoptées sous son mandat comme la mise en place de la TVA compétitivité. Elle devait assurer une baisse notoire des charges sociales des agriculteurs. Un moyen leur permettant de lutter à armes égales avec leurs concurrents européens. Un dispositif abrogé par la majorité suivante mais qui fait partie à nouveau des revendications de nombreux exploitants qui ne sont pas éligibles au CICE. Il y aussi celle du crédit impôt recherche. «C'est l'outil le plus vertueux qui permet d'avoir le niveau actuel de recherche des entreprises agricoles», précise Guillaume Mourgues, responsable des affaires institutionnelles du groupe de semences RAGT, à Rodez.

En revanche de nombreux paysans comme Jean-Michel Gorry céréalier dans la Vienne, dénoncent les effets du Grenelle de l'environnement qui pénalisent leur activité. Concrètement cela se traduit par la difficulté de mettre en place des réserves collinaires pour stocker l'eau du ciel qui tombe l'hiver et la réutiliser en période de sécheresse l'été. Il y aussi la limitation excessive de l'épandage d'engrais dans les zones vulnérables pour limiter les nitrates. Nicolas Sarkozy a promis un dépoussiérage des normes en concertation avec le milieu agricole. «Je crois que les agriculteurs sont les premiers défenseurs de l'environnement, souligne Nicolas Sarkozy.Les sols et les nappe phréatiques sont leurs ressources dont ils ont besoin (...). Je leur fais confiance (...) c'est la raison pour laquelle nous devons passer du principe de précaution au principe de responsabilité».

lefigaro.fr

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