DPDA : Nicolas Sarkozy repart à l’offensive

Publié le par La rédaction

DPDA : Nicolas Sarkozy repart à l’offensive

Nicolas Sarkozy était, jeudi 4 février, l’invité de l’émission Des Paroles et des Actes, sur France 2. Contrairement au format habituel, il n’a pas été placé face un contradicteur politique : l’exécutif aurait donné des « consignes » pour qu’aucun ministre ne vienne débattre avec le président des Républicains, tandis que celui-ci aurait refusé de débattre avec son homologue du PS, le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Il a en revanche été confronté à un panel de Français.

Opposition à la gestation pour autrui

Nicolas Sarkozy a bien entendu été interrogé sur sa volte-face sur le mariage pour tous : dans son récent livre La France pour la vie (Plon, 18,90 €, 260 p.), il écrit qu’il ne souhaite plus « qu’on légifère à nouveau » sur la loi Taubira. Or, en novembre 2014 il s’était à l’inverse engagé à conserver un « mariage pour les homosexuels » mais à « abroger » la loi Taubira afin que les « conséquences sur la filiation » soient différentes du « mariage pour les hétérosexuels ».

Dans un échange de nouveau un peu flou sur la filiation, Nicolas Sarkozy a néanmoins été ferme sur un point : « Je reste opposé à la gestation pour autrui pour les couples homos comme pour les couples hétéros », a-t-il redit.

Au sein des Républicains, Nicolas Sarkozy devrait par ailleurs prochainement nommer comme déléguée nationale à la famille Catherine Giner, ancienne responsable de « La Manif pour tous » en Provence-Alpes-Côte d’Azur et adjointe au maire de Marseille en charge de la famille.

Cette nomination est perçue comme un signal vers l’électorat déstabilisé par sa volte-face sur le mariage homosexuel, d’autant plus que Christian Estrosi venait de renoncer à proposer cette même fonction à Catherine Giner au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur en raison de ses positions sur l’interruption volontaire de grossesse. Catherine Giner est en effet favorable à ce que la loi Veil redevienne, comme avant 2014, limitée aux « cas de détresse ».

Attentisme sur la déchéance de la nationalité

Alors que Nicolas Sarkozy avait fait adopter, le 6 janvier 2016, par 51 des 58 membres présents du bureau politique, une motion favorable à la révision constitutionnelle sur la déchéance de la nationalité, il a dorénavant nuancé le soutien de son parti.

Cherchant à convaincre son propre parti, l’exécutif a modifié plusieurs fois son projet. Le président des Républicains attend donc la version finale pour adopter « une position définitive », sachant que la gauche a mathématiquement besoin du soutien d’une large partie de la droite pour réviser la Constitution.

Sur le fond, Nicolas Sarkozy a expliqué être opposé à la déchéance de la nationalité des mono nationaux « parce qu’à ce moment-là, on fait un apatride ». Il n’a toutefois pas exclu de le soutenir même si cette option était retenue : « On verra ce que nous déciderons », a-t-il répété.

Concernant la menace djihadiste, l’ancien président de la République a en outre demandé que « tout français qui va faire le djihad, s’il revient en France, il va en prison ». Poursuivant, devant une mère dont la fille est justement partie en Syrie avec un djihadiste français : « On ne peut pas avoir la main qui tremble. S’il est double-national à l’issue de sa peine, c’est l’expulsion et le retrait de la nationalité. Y compris s’il est né français ».

Libéralisme décomplexé

Confronté à un chef d’entreprise déçu de son mandat et à un syndicaliste de la CGT antisarkozyste, aux attentes diamétralement opposées, Nicolas Sarkozy a redit sa volonté d’abroger toute durée légale du travail : « Je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir une norme nationale. La durée légale du travail devrait être fixée à l’intérieur des entreprises », a-t-il argumenté.

L’ancien président de la République en a profité pour attaquer la gauche en considérant que le passage de 39 à 35 heures de durée légale hebdomadaire du travail n’a pas créé d’emplois mais au contraire « ruiné la France ».

Nicolas Sarkozy a également profité de la question des réformes libérales pour tacler Alain Juppé, candidat déjà déclaré à la primaire de la droite. « En 1995, Alain Juppé était premier ministre, il a fait une réforme de la sécurité sociale. Il a dû la retirer en décembre. J’ai fait une réforme des retraites en 2010. Je l’ai retirée ? Ou je l’ai menée au bout ? (…) Quand on compare la réforme de 1995 et la réforme menée avec François Fillon en 2010, il y en a une qui a été une réussite », a-t-il lancé.

Enfin, Nicolas Sarkozy a qualifié de « petit miracle » le bon démarrage de son livre en librairie, affirmant par ailleurs ne plus avoir « beaucoup de temps » pour ses conférences rémunérées et controversées. Il est vrai que l’intéressé prépare sa candidature à la primaire présidentielle de la droite, souhaitant auparavant profiter de son statut de président de parti pour cadenasser un projet fidèle à ses convictions, lors d’un conseil national les 13 et 14 février, puis boucler les investitures aux législatives de 2017.

Laurent De Boissieu pour la-croix.com

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