DPDA : Nicolas Sarkozy «Les 35 heures ont ruiné la France»

Publié le par La rédaction

DPDA : Nicolas Sarkozy «Les 35 heures ont ruiné la France»

Invité de l'émission Des paroles et des actes, Nicolas Sarkozy a réaffirmé son soutien à la déchéance de nationalité, a expliqué son revirement sur le mariage pour tous et s'en est pris à Alain Juppé. son rival pour la primaire.

● Réforme constitutionnelle: pas de soutien garanti

«Si l'intention de M. Hollande est le retrait de la nationalité pour les binationaux, comme je l'ai toujours demandée, j'y serais favorable». Interrogé sur le projet de révision constitutionnelle du gouvernement, Nicolas Sarkozy a offert un soutien plus timoré qu'au départ. «Je suis opposé au retrait de la nationalité aux Français, parce qu'à ce moment-là, on fait un apatride», a-t-il expliqué. Avant d'ajouter que si François Hollande choisissait cette option: «On verra ce que nous déciderons». Un flou que le chef de l'opposition justifie par les multiples va-et-vient de la majorité sur le sujet. «Comme le projet a changé 5 ou 6 fois ces (…) derniers jours, il m'est difficile d'avoir une position définitive», a déclaré le chef de l'opposition, qui semble désormais partager les doutes exprimés par François Fillon ou Alain Juppé dès le début du mois de janvier.

● «Les 35 heures ont ruiné la France»

Sur la question du temps de travail, la position du chef de l'opposition ne semble pas avoir changé. Face à un secrétaire de la CGT Commerce, Nicolas Sarkozy s'est montré catégorique: «Vous pensez que les 35 heures ont créé des emplois, elles ont ruiné la France», a-t-il souligné, même s'il ne les a pas supprimées lorsqu'il était aux affaires. Souhaitant rester «courtois» avec son contradicteur, Nicolas Sarkozy a ajouté qu'il était «favorable au travail du dimanche à condition qu'il soit mieux payé». «Mais je ne vois pas pourquoi ce sont les organisations syndicales qui décideraient. Vous représentez moins de 8% des salariés», a-t-il tancé dans la foulée.

● Sarkozy veut se démarquer de Hollande

Ne dites pas à Nicolas Sarkozy que sa politique vaut celle de François Hollande. Interrogé par un homme présent sur le plateau, il a bien tenu à se démarquer: «Il y a un peu d'injustice à dire que la politique de la gauche et la notre, c'est la même. Les 50 milliards d'impôts nouveaux que vous payez depuis 2012, c'est pas moi le responsable». «La colère, c'est une chose (...) mais jeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est pas une solution.»

● Mariage pour tous: Sarkozy «s'est mal exprimé»

Le patron des Républicains est revenu sur sa déclaration, devant les militants de la manif pour tous, lors de laquelle il faisait la promesse d'abroger la loi Taubira. Déclaration remise en cause dans son livre. «Je m'étais mal exprimé et j'ai voulu corriger mon ambiguïté», a-t-il dit jeudi soir.

● Pour des centres de déradicalisation

S'agissant des Français partis faire le djihad, Nicolas Sarkozy reprend à son compte une mesure du gouvernement actuel, les centres de «déradicalisation». Lorsqu'on lui rétorque que certains sont en voie d'installation à Bordeaux et Marseille, le chef de la droite répond qu'on en est «aux balbutiements». «Il y a la sanction pour activités djihadistes contre la France, ça c'est la prison, et il y a la déradicalisation puisque la prison ne suffit pas à déradicaliser, bien au contraire parfois», estime Nicolas Sarkozy. Sur la prévention, Nicolas Sarkozy se met également dans les pas de l'exécutif. «Je sais que le gouvernement, et c'est une bonne initiative, vient de créer un numéro spécial», observe-t-il, avant d'affirmer que «le plus tôt on intervient, le plus tôt on a une chance d'être efficace».

● Retraites: Sarkozy tacle Juppé

«En 1995, Alain Juppé était premier ministre, il a fait une réforme de la sécurité sociale. Il a du la retirer en décembre. J'ai fait une réforme des retraites en 2010. Je l'ai retirée? Ou je l'ai menée au bout? Je peux avoir échoué sur tout mais quand on compare la réforme de 1995 et la réforme menée avec monsieur Fillon en 2010, il y en a une qui a été une réussite».

● Pour la suppression des régimes spéciaux

«Compte tenu de l'aspiration des Français à l'égalité, je souhaite qu'il n'y ait plus de régime spéciaux. Ce qui signifie que je souhaite la disparition du compte pénibilité voté par monsieur Hollande. Qui n'est rien d'autre qu'une organisation de régimes spéciaux différents. Pour les 21 millions de salariés du privé: mêmes conditions de calcul des pensions et même âge pour partir à la retraite», a déclaré Nicolas Sarkozy.

● Sarkozy ne regrette pas le mot «racaille»

Ils sont nombreux les mea culpa dans le livre de Nicolas Sarkozy... Mais l'utilisation du mot «racaille» sur la dalle d'Argenteuil lors des émeutes urbaines de 2005 n'est pas regrettée. Au contraire. «Ce qu'on a complètement oublié, c'est les quatre semaines d'émeutes dans les quartiers», a lancé Nicolas Sarkozy. «Le mot “racaille”, c'est le mot qui avait été prononcé par une dame (une riveraine, ndlr) parce que certains de nos quartiers étaient ravagés par la violence et par le trafic de drogue», a rappelé l'ancien ministre de l'Intérieur.

Et pour le patron des Républicains, les habitants de ces quartiers n'ont pas envie d'avoir peur». «J'ai commis des erreurs, je le dis dans le livre. En l'occurence, dire que ceux qui brûlent des abribus, qui brûlent les voitures de leurs voisins, qui terrorisent les quartiers, ce sont des voyous, eh bien je le répète, ce sont des voyous.»

«Ce n'était pas du tout stigmatisant à l'endroit ni des gens du quartier, ni d'Argenteuil», a-t-il insisté. Ajoutant: «La République, je ne veux plus qu'elle recule. Si j'ai un regret à faire, ce n'est pas d'avoit dit “racaille”, c'est de ne pas en avoir fait assez pour que dans tous les quartiers, dans toutes les banlieues, la République cesse de reculer».

● «Plus beaucoup de temps» pour les conférences rémunérées

Interrogé sur les nombreuses conférences qu'il a pu donner dans des pétromonarchies, l'ancien président de la République a écarté l'existence de conflits d'intérêts. Et ce malgré les salaires importants qu'il a pu recevoir pour ces conférences, suscitant régulièrement la polémique. «Je n'ai jamais travaillé pour un État ou une organisation sulfureuse», a-t-il juré. En refera-t-il? «Malheureusement, je n'ai plus beaucoup de temps pour le faire», répond Nicolas Sarkozy.

● Sarkozy «touché» par les ventes de son livre

D'entrée de jeu, Nicolas Sarkozy s'est vu présenter un premier chiffre flatteur: celui des ventes de son ouvrage, La France pour la vie. 67.725 exemplaires vendus en une semaine, ce qui représente un excellent démarrage, peut-être un record pour un livre politique. Quand on lui demande si ça le touche, le chef des Républicains répond simplement: «Bien sûr». «C'est quand même un petit miracle», ajoute-t-il, avant de déclarer qu'il ne s'y attendait pas. Pour l'ancien président de la République, le livre n'est pas un «mea culpa (…) ridicule», mais plutôt «un retour d'expérience». «J'ai eu l'immense honneur (…) d'être président de la République pendant cinq ans», a rappelé Nicolas Sarkozy. «On peut critiquer mon livre (…) mais il n'y a personne qui a dit, “ce qu'il dit, c'est pas lui qui l'a écrit”. Je l'ai écrit du premier mot jusqu'au dernier», a conclu Nicolas Sarkozy, peut-être pour taire les rumeurs selon lesquelles l'ancien président n'aurait pas été le seul à écrire les mots que contient son ouvrage.

lefigaro.fr

Publié dans Interwiew, Médias

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