Bordeaux : Nicolas Sarkozy accueilli en rock star !

Publié le par La rédaction

Bordeaux : Nicolas Sarkozy accueilli en rock star !

Les fans de l’ancien président et toujours candidat à la candidature de la présidence ont battu le pavé hier rue Porte-Dijeaux, pour une dédicace de son livre.

Il a caressé les chiens des vieilles dames, flatté le front des enfants, avalé un café, gobé quelques cannelés, serré les mains à deux mains, embrassé et souri, beaucoup souri. À s'en décrocher la mâchoire. Nicolas Sarkozy signait hier son dernier livre « La France pour la vie » à la librairie Mollat. Pile poil, le jour où sortait un sondage énervant qui place Alain Juppé largement gagnant devant lui, aux futures primaires, d'avant la présidentielle. Et pourtant il souriait.

Étant donné la foule des grands jours, en plein état d'urgence, il a fallu recruter des vigiles pour filtrer chaque entrée de la librairie. Rue de Ruât blindée, rue Porte-Dijeaux blindée, la librairie déborde. L'ancien président entre sous des applaudissements, des cris, des bousculades. On veut le toucher, l'approcher, le voir « Nicolas ! Nicolas ! Nicolas ! » Les services d'ordre paniquent un peu, trop d'agitation. Les journalistes armés comme des guerriers écrasent tout sur leur passage, il leur faut une phrase, une bonne phrase vacharde sur Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy sourit toujours : « Alain Juppé ? Nous avons déjeuné hier ensemble. Alain Juppé ? Arrêtez de ramener tout sur le terrain de la rivalité. Bordeaux ? Je ne suis pas sur les terres d'Alain Juppé, mais sur les terres de France, à Bordeaux comme ailleurs. Très heureux d'être ici. Un accueil fantastique. »

« On compte sur vous ! »

Et là, devant la pile de livres, qui c'est qui attend Nicolas Sarkozy en frétillant ? Chantal Bourragué d'un côté, ancienne députée et conseillère municipale de Bordeaux, et de l'autre, Yves Foulon, député-maire d'Arcachon. « On a beaucoup de talent chez les Républicains, souffle Chantal Bourragué. Choisir entre Juppé et Sarko ? Que le meilleur gagne, mais j'aime beaucoup Nicolas. »

Les premiers lecteurs s'avancent devant le pupitre, où Nicolas Sarkozy a pris place, non sans avoir auparavant décroché le ruban de protection devant lui. « J'ai dit pas de barrière ! », rage-t-il entre ses dents, sans cesser de sourire. Puis se présentent Lydie, une belle blonde, sa mère au moins aussi blonde, Maurice qui roule les « r », Paul-Henry, 21 ans, étudiant en stratégie politique de la communication, premier selfie, Carole qui dit : « Je ventile, je ventile ». Les femmes souvent avouent qu'elles tremblent. L'émotion.

Les jeunes hommes serrent des poignées de main viriles. Nicolas Sarkozy signe, embrasse, commande avec une politesse infinie, « un expresso sans sucre ». Une quadragénaire brune commence à lui raconter, tandis qu'il dédicace son livre et une photo… son accouchement. Rien ne l'étonne, il prend tout. Des hommes mûrs lui tapent sur l'épaule « On compte sur vous ! » D'autres « On sera à vos côtés ! » On l'admire, on se jette sur lui, comme une rock star. On le veut en photo pour mamie, pour tatie, pour les potes, une grand-mère et une mère poussent leur canon de fille quasi dans ses bras. Pour une photo. Il ne refuse rien, même pas ceux qui veulent lui « claquer la bise », ne tique pas lorsqu'on l'appelle Sarko, Nicolas. Un jeune journaliste vient lui demander s'il est d'accord avec la déchéance de nationalité. Il est d'accord. « Quand les Français trahissent la France, ils ne méritent plus d'être Français ! », tonne-t-il.

Parfois ses mâchoires se serrent, mais pas longtemps, on entrevoit sur le masque, comme une légère fissure. La fatigue sans doute. Mais il se reprend, l'empathie est un sport de combat. À nouveau : « Vous êtes pâtissier ? Oh, je suis très gourmand ! » « Vous êtes sportif ? J'irai bien faire du vélo du côté d'Arcachon. » « Vous voulez faire de la politique ? Moi aussi ! » Des gens lui glissent des cartes du parti républicain dans le bouquin à signer, des lettres, des mots doux. « Fallait pas… » À la fin de la journée, après avoir tenu son stand de signature de haute lutte, Nicolas Sarkozy a donc signé plus de 1 000 bouquins, sachant qu'un millier de personnes s'est bousculé pour arriver jusqu'à lui. Il a vendu 400 livres sur la seule après-midi, et son éditeur affirme qu'il a franchi la barre des 100 000. Faute d'être président au moins sera-t-il un écrivain ? C'est Carla qui l'a dit.

sudouest.fr

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