Aveyron : Nicolas Sarkozy aux agriculteurs : «Je vous ai compris»

Publié le par La rédaction

Aveyron : Nicolas Sarkozy aux agriculteurs : «Je vous ai compris»

Arrivé par le vol matinal quotidien d'Eastern Airways, la nouvelle compagnie aérienne qui dessert l'aéroport de Rodez, le président du parti «Les Républicains» (premier parti de France comme il le définit lui-même) s'est rapidement engouffré dans une berline aux vitres fumées, direction le Lévézou. Un déplacement qui répondait aux invitations des deux députés aveyronnais, Arnaud Viala, sur ses terres, et Yves Censi, fraîchement réélu à la tête de la présidence des Républicains de l'Aveyron, qui ont saisi cette opportunité après les propositions agricoles de leur chef de file, la semaine dernière, et à l'heure où les manifestations des agriculteurs se multiplient en France.

Ce sont Marie-Christine et Pascal Colin, éleveurs depuis 1985 d'un troupeau de brebis laitières (450) qui fournissent la Société des caves de Roquefort mais aussi de brebis viande (150) qui produisent des agneaux AOP élevés sous la mère, qui ont accueilli l'ancien chef de l'état sur leur exploitation, dans le hameau de Vaysse-Rodier, sur la commune de Vezins-de-Lévézou. Sitôt sorti de sa voiture, sous une horde de photographes et de cameramen, voici Nicolas Sarkozy en train de faire du charme à une brebis plus effarouchée par les projecteurs que par la prestance du visiteur pour lequel Pascal Colin exprime son «honneur».

Un petit tour dans l'étable et puis ressort, encadré des deux députés, il admire les sommets enneigés de l'Aubrac, bien emmitouflé dans son écharpe. «ça faisait longtemps que j'avais envie de revenir en Aveyron», confie celui qui était en juillet 2010 dans le Carladez. Tout en marchant il dialogue avec les époux Colin et se fait expliquer le passé, le présent et le devenir de la ferme familiale. Il pose des questions, répond d'une voix chaude mais sourde, à peine audible. Il ménage ses cordes vocales pour la quinzaine d'agriculteurs qui l'attendent dans la salle à manger.

Nicolas Sarkozy prend place et accapare un peu le plateau de fouace au lait de brebis qu'il mange de bon appétit. Quelques cafés plus tard, «heureusement que Carla n'est pas derrière moi», ce qui amuse l'assistance entièrement conquise et qui hoche la tête en signe d'approbation à toutes ses propositions, il apprécie la dégustation de canapés au roquefort. Il termine son dialogue avec les agriculteurs par la célèbre réplique du général De Gaulle dans un autre contexte, «Je vous ai compris», et serre les mains des participants et des habitants du village. Il délivre aussi un autre message, plus philosophique, emprunté à Freud : «L'homme est fait pour travailler et pour aimer». Satisfait, il reprend la route pour Montpellier, via Millau où il déjeune, pour dédicacer son livre «La France pour la vie» dans lequel il esquisse un mea culpa.


Marie-Christine Bessou

ladepeche.fr

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