Yves de Kerdrel : s’il y a quelque chose que l’on ne peut pas reprocher à l’ancien chef de l’État, c’est sa sincérité

Publié le par La rédaction

Yves de Kerdrel : s’il y a quelque chose que l’on ne peut pas reprocher à l’ancien chef de l’État, c’est sa sincérité

Je vous propose de lire un extrait de l'édito de Yves de Kerdrel paru sur Valeurs Actuelles.

12 % des Français affirment faire confiance aux partis. Quatre Français sur dix sont désormais méfiants à l’égard de la politique. Et un sur trois se dit dégoûté. Un rejet amplifié par l’impression d’impuissance tant vis-à-vis des grands sujets économiques, comme la lutte contre le chômage, que des sujets sociétaux comme la montée des communautarismes ou la question de l’identité. Un rejet enfin légitimé par les multiples mensonges de François Hollande pendant la campagne de 2012 et depuis qu’il est au pouvoir.

Dans le livre de “retour d’expérience” qu’il vient de publier, Nicolas Sarkozy regarde très lucidement ce rejet des politiques. « Je connais la terrible crise de confiance que suscitent la politique et les politiques », écrit l’ancien chef de l’État avant d’ajouter : « Je ne veux en aucun cas m’exonérer de ma part de responsabilité personnelle dans cette situation. » Ce n’est pas si courant de la part d’un homme qui a exercé de telles responsabilités, au point de tisser un lien quasi filial avec chaque Français, de reconnaître cet état de fait.

La principale erreur que Nicolas Sarkozy reconnaît c’est d’avoir trop tenu compte de la bien-pensance, du qu’en-dira-t-on et du microcosme intellectuel. Ce qu’il appelle lui-même « le clapotis quotidien » qu’aucun président de la République voulant mener des réformes profondes ne doit regarder ou écouter sous peine de se trouver complètement inhibé, voire étouffé. D’où ce cri du coeur : « On ne me reprendra pas à faire des compromis de circonstance avec mes convictions. Beaucoup pensent que j’ai perdu en 2012 parce que “j’en avais trop fait” ; moi je pense à l’inverse que j’aurais dû faire davantage. » C’est également ce que pensent la plupart de nos lecteurs : Nicolas Sarkozy aurait dû « passer le Kärcher », nous débarrasser de « la racaille », défaire les 35 heures, supprimer l’ISF, réformer le code du travail et faire tant d’autres choses encore. Doit-on pour autant tirer un trait sur son énergie, son autorité naturelle, son envergure internationale et sa franchise ? Sûrement pas !

Car, s’il y a quelque chose que l’on ne peut pas reprocher à l’ancien chef de l’État, c’est sa sincérité, le fait d’être tout d’un bloc et surtout d’être incapable de dissimuler ses intentions. À l’inverse, la France a payé cher d’avoir permis à François Hollande d’arriver à l’Élysée après avoir nié la crise économique qui minait le pays, après avoir promis tout et son contraire et après s’être posé en président rassembleur, apaisant, normal et exemplaire. Désormais, les Français sont vaccinés contre ce cynisme, ces petits calculs politiciens dignes de la IVe République et ces gros mensonges ou traficotages comme ceux auxquels nous allons avoir droit au sujet de la courbe du chômage.

À droite, d’autres ténors ont naturellement compris, comme Nicolas Sarkozy, que l’ère de la dissimulation était heureusement terminée. Et c’est une chance pour notre pays que l’actuelle opposition compte autant de grands talents, entourés d’experts, qui ont déjà beaucoup travaillé à ce que pourrait être la refondation de la France dans quinze mois. Parmi eux, Nicolas Sarkozy n’a pas un avantage particulier. Mais il n’a pas non plus de handicap rédhibitoire.

Yves de Kerdrel

valeursactuelles.com

Publié dans Sarkozy, Bilan

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AGOSTINI ROBERT 30/01/2016 09:53

Bravo monsieur et merci ,en quelques lignes tout est dit