Nous ne pouvons plus accepter que la République recule

Publié le par La rédaction

Nous ne pouvons plus accepter que la République recule

La réforme constitutionnelle de François Hollande est-elle vouée à l'échec? Pour être adoptée, elle doit être votée par une majorité dite «qualifiée» des 3/5e des parlementaires. La gauche a donc absolument besoin des voix de la droite pour l'adopter. Surtout qu'au sein du Parti socialiste, les déclarations hostiles au projet se multiplient.

Mais Nicolas Sarkozy a sévèrement compliqué la tâche du chef de l'Etat ce jeudi. En adressant ses vœux sur Facebook, le patron des Républicains (LR) a conditionné le soutien de sa famille politique. C'est une «mesure pour laquelle je plaide depuis des années, à la condition qu'elle soit accompagnée d'autres décisions qu'exigent la situation et que nous réclamons en vain depuis des mois. Nous ne pouvons plus accepter que la République recule.»

Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on explique que les «autres décisions» seront explicitées lundi par la mission de suivi des mesures contre le terrorisme composée notamment de Roger Karoutchi, Guillaume Larrivé, Eric Woerth et Eric Ciotti. Mais on parle déjà de plusieurs blocs.

L'un serait constitutionnel et viserait en particulier à inscrire l'amendement de Guillaume Larrivé dans le texte fondateur de la Ve République. Il comprend deux articles. Le député de l'Yonne souhaite que «nul ne puisse acquérir la nationalité s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française», comme le prescrit déjà le Code Civil. Il demande en outre l'extension de la déchéance de nationalité pour les délits terroristes jugés au tribunal correctionnel, ce qui n'est pas aujourd'hui prévu par le projet du gouvernement. La droite voudrait une déchéance «immédiate».

Sans remettre en cause le droit du sol, les Républicains prônent une meilleure prévention des fraudes. Dans une interview publiée dans nos colonnes en septembre, Nicolas Sarkozy évoquait l'outil de la «présemption de nationalité» pour écarter les fraudeurs des bénéfices du droit du sol. La droite voudrait que François Hollande reprenne cette idée.

Enfin, un bloc législatif serait proposé par LR. La pénalisation de la consultation régulière de sites djihadistes, le renforcement des pouvoirs des parquets de perquisition, l'augmentation des moyens d'investigation des forces de l'ordre ou encore protection effective de nos frontières sont autant de sujets avancés. «En 2008, la gauche s'était opposée à notre réforme constitutionnelle en prétextant qu'elle était hémiplégique. Elle ne peut pas tomber dans le même travers», ironise l'entourage de Nicolas Sarkozy pour justifier les conditions avancées.

lefigaro.fr

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